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The Mandalorian [Série] 2019

Aventures SF | USA |

Série - La Chevauchée fantastique (dans l'espace)

S'il y a quelque chose qu'on peut dire d'emblée sur The Mandalorian, c'est que sa réputation n'est pas usurpée. La série est fichtrement bien emballée : vaisseaux, costumes, VFX, décors, tout le décorum Star wars est bien là. Mais tout ça ne serait rien sans un bon scénario.

Au milieu du premier épisode, on pouvait encore se demander ce qui avait fait frissonner les fans à part un mini-Yoda et le recyclage d'un personnage culte qui a su traverser les époques¹. Mais à la fin du même épisode, tous les éléments à développer sont en place, en plus de l'acier Beskar qui sera le cœur de la mythologie du Mandalorien.
La série développe une figure semblable à celle du loup à l'enfant, Babycart², tout en présentant d'autres personnages mémorables dont la plupart sont récurrents : Kuiil, un ugnaught mécanicien à la retraite, exilé sur la planète Arvala-7, Cara Dune bien sûr (Gina Carano récemment congédiée), Cobb Vanth un shérif improvisé, les Nite Owls, Peli Motto une mécanicienne sur Tatooine, ou encore Omera...
Avec The Mandalorian, on peut vraiment parler de space western, car tous les éléments western sont recyclés. Le (faux) cowboy solitaire³, les fusillades, les décors, et même les shérifs et rangers, puisque c'est le titre d'un épisode et d'une série qui devrait suivre.
L'univers Star wars présente des coïncidences troublantes : sur chaque planète désertique, il y a des Jawas. Et dans un univers de la taille d'une galaxie, l'ordre des chasseurs de primes, un commanditaire de l'Empire, et l'ordre des Mandaloriens sont en planque sur la même planète : Nevarro. Mais chez Star wars, les coïncidences se transforment bizarrement en cohérence, déjà parce qu'on s'en fout un peu de savoir sur quelle planète ils sont : il s'agira toujours de la Terre, leur nom servant à faire exotique, et de créer un univers éternel et infini, rien de plus⁴.
Il s'agit uniquement d'un décor, et elles n'auront de signification que pour les fans hardcore.

Portée par le scénariste en chef Jon Favreau (Iron Man, tout ça), la série fait vraiment figure de petit chef d’œuvre dans la galaxie Star wars, où la Force tient lieu, cette fois, de personnage secondaire.
Des guests stars comme s'il en pleuvait, sans parler des réalisateurs... La B.O. est signée Ludwig Göransson (Black panther, Venom, Tenet...). Environ 10 millions de dollars par épisode, un tournage sur plateau numérique, et petit bonus qui fait plaisir : le générique de fin, sur un air de flûte basse, nous présente les concept art qui ont sans doute servi à l'élaboration de l'épisode (et qui rappellera un peu la chronologie de The Old Republic pour les gamers).
De vraies surprises qui sauront ravir les fans, ou quand Disney pioche (enfin) dans l'univers étendu...

On pourra toujours relativiser son succès en revoyant l'excellente série Firefly, de Joss Whedon, mais c'est béton. Espérons que Jon Favreau reste sur le projet et continue le sans faute.


1. Depuis 1977 : Boba Fett dans la saga originale, Django Fett dans la seconde, Sabine Wren dans Rebels, puis Shae Vizla dans le jeu The Old republic.
2. Une sorte de buddy-road-movie où un samouraï est le protecteur d'un bébé. On en avait déjà parlé pour Six-string samuraï.
3. Ce solitaire se fait des amis partout où il va.
4. Vous me direz, c'est déjà beaucoup.

Série, science fiction, space opera, fantasy, space western, Star wars, Jon Favreau, critique, analyse

Wonder Woman 84 [Film] 2020

Super-héros | USA |

Ciné - Tournée de dinde aux marrons

...est une merde dans le genre que Hollywood aime pondre de temps en temps. Pas un gros caca ou un étron, non ! une jolie petite merde moraliste bien troussée... "Oh ! si le personnage remontait le temps pour réparer ses erreurs et comprendre que sa vie, en fait, elle est trop bien ?" ou "Tiens et si les personnages faisaient un vœu et que grâce à un truc magique, ils se trouvaient exaucés ?" et ça donne parfois de beaux films et téléfilms (Touchback, 2012). Mais rappelons-nous juste, que Picsou mag et le Journal de Mickey nous la font depuis tout petits.
Et là c'est clairement le parti-pris, revenir à l'esprit naïf et light de la série des années 80. Mais voilà, à ne pas confondre avec la mièvrerie.

Mais heureusement, le film finira mieux qu'il n'a commencé : avec un antagoniste intéressant, tel Icare¹, (on est en plein dans l'inspiration mythologique grecque) pris par l'ivresse du pouvoir, et une deuxième qui n'est autre que Cheetah, une femme animale de toute beauté. Je ne sais plus trop par quelle finesse les scénaristes casent le thème du mensonge, auquel s'oppose WW en tant qu'allégorie de la vérité. Tout ça est donc bien mâtiné de mytho et de philo grecque. Malgré une lecture symbolique pas inintéressante, ça reste assez plan-plan. Sachant d'autant plus, que c'est le lot quotidien des super-héros d'offrir une relecture des mythes et d'en proposer de nouveaux².
Visuellement rien à dire, le film réserve de bons moments.

Après deux scènes d'introduction en complet décalage (un flash-back sur l'île des Amazones lors de leurs Olympiades) où la petite Diana se mesure à des grandes (cool) et est accusée de tricherie par Robin Wright (pas cool), et la deuxième dans un centre commercial (les financeurs sans doute) où WW fait une démo en mode Tarzan (les scénarios ont été mélangés ?), on découvre une nouvelle protagoniste -normale- qui va à son travail -normal- et alors que tous ses collègues l'ignorent -trop normale-, elle rencontre Diana Prince alias WW, super sympa, qui ne l'ignore pas. Elle envie sa façon de porter des talons -normal. Et donc, lorsque la protagoniste reçoit une importante fournée de trésors archéologiques suite au démantèlement d'une contrebande d'objets archéologiques, grâce à WW précédemment, et qu'un collègue obtient un café miraculeusement après l'avoir souhaité en touchant une citrine³ issue du butin, elles essayent à leur tour ! Normal ! L'une veut être comme l'autre -sexy- et l'autre comme l'une -normale. Mais aussi, retrouver son seul amour, Steve Trevor, décédé dans les années 40.

Ils avaient deux options pour adapter Wonder Woman : revenir au phantasme soft et fétichiste des débuts, mais ça n'avait déjà pas trop plu à l'époque⁴, ou en faire un film pour adolescentes (le public masculin étant déjà acquis). La major a tranché.


1. Ou plus exactement, l'hybris.
2. Surfait mais réel. Il y a Superman solaire comparé à Jésus (sur certains plans seulement), Batman lunaire, Thor bien sûr, Flash à la foudre, Namor/ Aquaman/ Poséidon... dans la majorité des histoires les super-héros se contentent pourtant d'arrêter des voleurs ou des extraterrestres.
3. Pierre semi-précieuse.
4. Les publications de Wonder Woman font partie des rares livres condamnés au bûcher, et ce par la population. Pour cause les publications elles-mêmes, mais aussi la vie tumultueuse de son auteur (qui plus est féministe), selon le beau biopic My Wonder women (Angela Robinson, 2017)

Film, science, fiction, fantasy, super, héros, héroïne, aventures, mythologie, Patty Jenkins, critique, analyse

John Carter [Film] 2012

Fantasy | USA |

Ciné - Une cavale sans issue

Les cités de Zotanga et Hélium se livrent une guerre millénaire, car Zotanga est gourmande en énergie et vampirise les dernières ressources de Mars.
Pendant ce temps, à New-York, en 1881¹, John Carter tente de semer l'homme qui le suit, et fait envoyer un télégramme à son neveu Edgar Rice Burroughs, "Ned", en le priant de le rejoindre rapidement. En arrivant sur place, Ned apprend le décès prématuré de son oncle. Le notaire lui lit le testament indiquant que la fortune et le domaine lui reviennent. Il l'accompagne au mausolée, dans le jardin, qui ne s'ouvre que de l'intérieur et qui porte l'inscription "Inter Mundos". Enfin, il lui confie son journal qu'il est le seul à pouvoir lire. Dès le départ du notaire, Edgar ouvre le journal et se plonge dans les aventures de son oncle.

Un scénario sympa, des acteurs sympas, on a même failli avoir des méchants sympas... Mais pourquoi est-ce que tout brille là-dedans ? Pourquoi Disney polishe-t'il tout ce qu'il trouve ?

Peut-être que tout cela manque-t'il de matte paintings exotiques, peut-être que tout cela manque-t'il de montures fantastiques ? C'est comme s'ils avaient oublié la moitié des codes de la fantasy. Peut-être qu'une inspiration du serial auraient été bienvenue, on pense aussi au faste de Flash Gordon, le film... La brillance aurait pu se mettre au service des costumes et des palais... On regrette notamment les illustrations de Frank Frazetta et de ses confrères, qui ont tellement contribué au succès des romans : plus dark, plus sexy, d'inspiration plus héroïc (des têtes coupées peut-être ?), et quoiqu'il en soit, quitte à garder le naïf : plus de combats à l'épée...
Les designs des vaisseaux, eux, sont franchement originaux, et surtout, assez bien mis en valeur².
Trêve de considération : le scénario est sympa, les comédiens sont sympas... Pas de vraie surprise. Mais 250 millions $ de budget, franchement³...

Edgar Rice Burroughs, auteur de westerns et policiers, et auteur de John Carter, a beaucoup œuvré pour la fantasy et lui a donné de grandes sagas : John Carter, Tarzan, pour citer les plus connus, mais aussi Pellucidar (au cœur de la Terre), le cycle de Vénus, le cycle de Caspak, ont pour la plupart été écrits dans les années 30 et 40. Pour l'instant, seul Tarzan a remporté le défi de l'adaptation.

John Carter -de Mars- est indéniablement une hyper-production ratée, mais reste un beau film avec des soleils couchants.


1. "New-York 1881" aurait fait un bon titre...
2. Remember Star wars épisode 1, où les vaisseaux biens polis de Naboo semblent prendre parfois la place des personnages principaux.
3. On parle même de 350 millions estimés.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Film, science-fiction, space, fantasy, heroïc, écologie, aventures, critique, analyse

STARS WAR, d'après le script original, et la mythologie [BD] 2014

Super-héros | USA |

Vous vouliez du Star Wars peut-être ? Voilà, voilà.

BD - Star wars, le script original
Pas facile de faire la nuance comme ça mais le titre original de la saga est Star Wars, traduire : LES Guerres de l'étoile. Donc quand une B.D. est titrée LA Guerre des étoiles, il faut comprendre qu'il s'agit d'une variante ? Bon.

"Avant Star Wars, il y a eu la Guerre des étoiles (...) le projet initial imaginé par George Lucas."

Donc cette guerre des étoiles là, c'est un des scripts originaux de l'épisode IV¹. Comme tout le monde le sait il y a eu moult réécritures de ce premier épisode afin d'obtenir le script parfait qui a précédé le tournage. Et dix ans ont séparé la première écriture du tournage. Des personnages, des espèces entières ont disparu, des tribus, des sectes, et des pans entiers de l'histoire ont sauté. Toutefois, on ne saura pas quelle version particulière a été retenue, le tout a de toute façon été réécrit par un autre scénariste, J.W. Rinzler.

Après l'exécution de son fils cadet, par un Sith, sur la quatrième lune d'Utapau, Kane Starkiller et son aîné se rendent sur Aquilae. Pendant ce temps sur Alderande, l'Empereur s'adresse à la foule. Il annonce publiquement qu'il va prendre Aquilae, foyer des derniers Jedaï Bendu et de la Résistance... Non loin sur la même planète, Whitsun annonce à Bail Antillès, un marchand, qu'il compte franchir le blocus et prévenir les Jedaï. Antillès est arrêté, mais il a juste le temps de lui conseiller de demander de l'aide aux pirates.
Pendant ce temps encore, Dark Vador, le gouverneur Hoedaack et Vantos Coll discutent de Luke Skywalker, général des armées Aquiléenne discret mais terriblement puissant.
Sur Aquilae, le roi préside à une réunion du conseil. Celui-ci est divisé à l'idée d'accepter ou non le traité de paix proposé par l'Empereur (alors même que ce fourbe a décidé de ne pas attendre). Puis la fameuse station de combat géante arrive en vue d'Aquilae (Zed Sispéo et Dédeux y sont affectés) et les pilotes de chasseurs Chewie, Mace et cie sont en charge de l'attaquer.

Cette longue introduction (et encore je n'ai retenu que les passages révélateurs pour ma critique) nous présente des noms familiers dans une histoire à des années-lumières des précédentes. Les fans de la saga auront débunké les différences, et toujours les mêmes traductions françaises : Chewie, Chico, Dark Vador au lieu de Darth Vader... 
Il y a plusieurs façons de lire cette histoire. Comme un fan, à chercher les 136 différences... comme une nouvelle aventure dans une autre dimension de l'univers étendu (univers Légendes)... ou comme un scénariste de film, en considérant l'histoire comme une première version du script, à comparer les deux versions en tentant de s'expliquer les raisons qui ont poussé aux modifications...
Du point de vue logistique par exemple, on passe de la présentation d'un certain nombre de seconds rôle et d'enjeux à définir rapidement à une introduction beaucoup plus linéaire (et claire) dans le film. Comment on passe de deux landspeeders à un. Les modifications d'écriture peuvent s'expliquer par une volonté de baisser le budget du film et aussi d'amoindrir les ambitions de l'histoire pour rendre claire (et moins ambiguë) la trame scénaristique en vue d'un public familial. Ainsi les montures exotiques se font plus rares et moins rapides (on passe quasiment du Vélociraptor au Banta).
Mais aussi on apprend un peu comment transformer un bon scénario en scénario formidable (dédicace à ceux qui ont appris le scénario dans les années 2000) : comment transformer des persos en persos inoubliables, comment transformer de bons méchanoïdes en méchanoïdes prodigieux etc. mais aussi comment transformer une histoire assez intéressante en scénario tout public.
Car c'est une des différences entre le roman, la BD, et le film (a fortiori entre le film d'art et d'essai et le blockbuster aussi). Et c'est donc un des problèmes de l'adaptation. Avec le nombre de lecteurs ou de spectateurs, l'élargissement du public, on constate généralement une baisse d'ambition scénaristique. Généralement car ce n'est pas toujours le cas. Chez Pixar par exemple, ou dans d'autres animations, on voit bien qu'il a une lecture destinée aux enfants, et une lecture plus complexe destinée aux adultes². C'est là que commence le développement du sous-texte³ et du champs allusif. Dans Addiction, d'Abel Ferrara, le thème du vampire est décliné avec des junkies : le glissement subjectif, l'opération de métaphorisation à l'inverse engendre une sorte de sous-texte aléatoire⁴ sur l'addiction. Enfin, à l'opposé et pour en revenir à la SF, dans Transformers 2, le sous-texte comparant les robots géants à des titans de la mythologie ou des dieux : le film de robots prend alors une dimension symbolique, qui suggère plus que ce qui est montré. Je vais m'arrêter là car nous sortons largement du sujet de Star Wars, et de Stars War, mais c'est une théorie d'ensemble du cinéma qui a déjà été esquissée, et sur laquelle j'espère revenir un jour.
MAIS dans Star Wars, il y a ce phénomène à l'état limpide : le discours sur le Bien et le Mal, à travers celui sur l'Empire nazi et la Résistance. Même si les soldats de l'Empire sont en armure blanche, même si les Jedis sont des chevaliers (royalistes ?), même si les gentils tirent les premiers, le fond de l’œuvre présente un discours moral : il s'agit d'une allégorie strictement manichéenne.
Pour en revenir au problème du média et de l'élargissement du public (accessoirement, à la censure par nivellement) l’ambiguïté est par exemple proscrite de l'entertainment, et pour cause : longue à mettre en place et à signifier. Dans le cas de Star Wars c'est toute la différence entre l'univers cinématographique et l'univers étendu (désormais appelé Legends) : les Jedis peuvent être une secte parmi d'autres, ou un ordre au service d'une idéologie comme une autre, peuvent avoir une histoire avec des faits d'armes honteux... ils ne sont pas aussi lisses qu'à l'écran. Et il n'y a pas de discours moral, en attestent d'ailleurs, formellement, les Jedis gris. Bref.

Cette nouvelle "adaptation" des films n'étonnera pas le lecteur des BD Star Wars. Les intentions lui seront familières. En-dehors de quelques noms revisités (ou conservés depuis les premières traductions) les chasseurs Taï, Annikin, un Dédeux qui parle, Dagobah, confondu avec Kashyyyk et Endor, devient le "système interdit"... malheureusement la guerre de pouvoir mise en place en introduction n'est finalement là que pour servir une aventure et fournir simplement un arrière-plan à leurs péripéties.

En conséquence de quoi : un projet peu clair pour les néophytes, mais cela pourrait-il les intéresser de toutes façons ? Un peu brouillon, ou pas assez donc, bien qu'en matière de SW, on ne soit plus à ça près.
Mais intéressant du point de vue scénaristique, curieux si on veut creuser un peu l'univers étendu, et relativement divertissant si on déjà accro.
 
La Guerre des étoiles, d'après le script original. Scénario : J.W. Rinzler ; Dessin : Mike Mayhew. Publié chez Delcourt.


1. Le tout premier, donc, de 1977.
2. Dans Vice-versa par exemple, il est possible de voir l'histoire uniquement sur le plan des archétypes, même si l'exercice est assez difficile.
3. Et c'est certainement une réminiscence de ce qu'on appelait autrefois l'art.
4.
Selon la réflexion du public, il "donne à penser".

Bande-dessinée, space opera, science fiction, cyborg, fantasy, critique, analyse, scenario, George Lucas, star wars, Mike Mayhew

L'Éclair noir [Film] 2009

Super-héros | Russie |

Ciné - Un ado et une voiture volante
En 2004, une équipe de chercheurs fore le sol à la recherche de diamants. La tête de la foreuse n'arrivant plus à percer la roche, ils arrivent à la conclusion que l'énergie nucléaire n'est plus suffisante. Ils se mettent en quête du nanocatalyseur, un million de fois plus puissant qu'une centrale classique, un projet développé à l'époque soviétique et laissé pour compte.
De nos jours, en fouillant les sous-sols, deux ouvriers trouvent une voiture en bon état qu'ils décident de revendre pour se faire un peu d'argent. De son côté, Dima Maïkov a les mêmes problèmes d'argent. Dima et Maxime sont en quête de filles et de voitures, croyant que les deux vont de pair. Alors que Maxime s'offre une Mercedes, Dima se voit offrir une vieille Gas Volga, un modèle des années 50. Ils vont entrer en compétition pour conquérir la fille de leurs rêves. Il cache sa voiture pour ne pas se taper la honte, et suite à une conférence de Victor Kuptsov, décide d'emprunter le même chemin : vendre des fleurs et ne plus s'occuper des autres.


Plutôt destiné aux ados et jeunes adultes, l’Éclair noir cause de réussite sociale et de valeurs morales, de triangulation amoureuse. Et si son titre évoque une amitié avec un cheval dans un vieux film Disney, c'est plutôt à la Coccinelle de Monte-Carlo qu'on pense étant donné le ton humoristique.
Tut-tut, plusieurs films ont déjà été tournés autour de voitures expérimentales sans être comparables pour autant. Car oui, ce film original a son identité propre.
D'autant plus qu'à un moment, le film bifurque et prend un virage étonnant : il devient un film de super-héros sans cape ni slip. Le scénario emprunte alors à Spider-man ou à Superman, tout en oubliant le decorum habituel. Aussi son personnage défendra les mêmes valeurs : non pas la liberté, ni le patriotisme, mais l'altruisme contre l'égoïsme... Avant les Guardians (de Sarik Andreasyan, 2017), tentative de super-héros patriotes russes, mais qui fonctionne assez mal, l’Éclair noir reste le meilleur dans sa catégorie (puisque ni Wanted ni Hardcore Henry n'en sont).

Car le super-héros hors États-Unis a toujours un goût étrange, avec tous ses accessoires et ses vêtements bariolés. D'ailleurs, notons que le sup' U.S. a toujours un goût étrange pour qui n'est pas habitué.

Cinéma, science-fiction, super-héros, fantasy, mécha, critique, analyse, Dmitri Kisseliov, Aleksandr Voytinskiy

Aquablue 6 à 11, review [BD] 1994-2006

Aventures SF | France |

BD - Blockbuster, science-fiction et traditions
Aquablue a commencé il y a bien, bien longtemps... et puis il avait déçu en changeant de dessinateur, au tome 5. Déçu comme à un enfant à qui on révèle que les effets spéciaux des épisodes I, II, III de Star Wars vont être réalisés en synthèse. Que Yoda va faire des saltos ! Grave erreur, cependant ! Concernant Aquablue du moins (nous parlerons de Star Wars en temps voulu).
Tout comme dans les séries TV ou ciné, on aime moyen qu'un personnage change d'interprète (ou qu'il change de couleur entre deux médias), et en l'occurrence, qu'une série BD change de dessinateur : pour le coup tous les personnages changent d'apparence !
Ou est-ce finalement la question de l'imaginaire du spectateur violé ? BRRRRRREF !
Mais aussi il y aura peut-être eu confusion dans la promo du second cycle (à l'époque les auteurs avaient parlé d'une série parallèle¹).
Toutefois, cette série est très bonne, et ce serait injuste de la bouder encore. Certes, on pourrait avoir passé l'âge. Mais il faut préciser que les cycles de l’Étoile blanche et des Cynos sont vraiment bien écrits, et que si Vatine est parti voir ailleurs, et bien passée la déception (enfantine) il faut bien admettre qu'au bout du compte, il a bien fait. Jetez donc un œil sur sa prod, ses collabs et son apport à la BD française en général². C'est un des rares auteurs à l'américaine qui a su travailler dans la pub et le cinéma.

Je ne reviendrai pas sur le premier cycle très réussi, encensé à l'époque et pour cause.

L’Étoile Blanche commence dans une décharge, avec deux petits surdoués à la recherche d'un robot pour récupérer une pièce de rechange. Ils trouvent Cybot, le robot de Nao, tout éteint, et le sortent de là malgré la férocité du gardien et de sa hyène cyborg³.
Commence alors un long flash-back avec un programme en clair pour le scénariste : amorcer un nouveau départ (un nouveau cycle) en-dehors de la planète Aquablue (pour mieux y revenir par la suite...). Un double retour en arrière, puisque l'histoire de Cybot retrace la découverte de l'épave de l’Étoile blanche, la même Etoile blanche qu'au tome 1 Nao et lui avaient dû quitter dans la précipitation.
(On notera au passage la ressemblance de ce tout premier commencement avec celui de Superman, mais surtout Tarzan...)
Cybot raconte entre autres les péripéties puis l'enlèvement de Nao et de la popstar cosmique Van Vestaal.
Le flash-back prend fin en même temps que l'album sur un non moins double cliffhanger : alors que l'initiateur du complot retrouve les enfants durant les toutes dernières pages, ceux-ci s'échappent comme par magie. Non franchement faut plussoyer. Un scénario bien ficelé c'est déjà bien, mais là ! Si vous avez l'impression que j'ai spolié, sachez que l'ensemble ne vaut pas le coup que pour son final.
Du point de vue graphique quant à lui, ce prélude peut paraître plus maladroit. Parce que tout bonnement, il peut y avoir un temps d'adaptation pour le dessinateur à reprendre ou commencer une série. Revoyez les toutes premières planches de Vatine comparées à celles du cinquième épisode, ou même celles de Lanfeust, un autre blockbuster. De toutes façons, après quelques pages, le graphisme de Tota prend toute sa superbe dans l'action.
On pourra aussi noter la liberté de ton de ce second cycle, que tout le monde n'aura pas forcément apprécié et qui disparaîtra de la série. Tout comme les deux jeunes protagonistes surdoués qui, au passage, auraient pu / pourraient être fort utiles à la Fondation Aquablue par la suite.

Sur le troisième cycle, c'est le passage aux couleurs numériques qui passe mal. En 2001, on avait bien dix ans de retard sur les states au niveau colo et le résultat rappelle alors les premières années d'Image comics⁴. Mais on oublie vite et se laisse prendre par le récit mélangeant puits de gravité, chasse aux dinos et intérêts commerciaux... Niveau couleurs, le deuxième tome est nettement plus beau.

En partant de ce qui ressemble à un clin d'oeil à Valerian (cf. : les Armes vivantes), le quatrième cycle relève encore un défi : intégrer un fantastique d'origine magique à l'univers d'Aquablue. Ça circonvolue, et malgré le dessin de Siro, ça ressemble encore un peu à de l'Aquablue. Scénaristiquement, c'est osé, c'est-à-dire que de nouveaux ingrédients entrent dans la composition de la saga. Nao, devenu père, aux prises avec ses sentiments et avec les affres de la vieillesse... Une planète de sable, de l'horreur... les personnages secondaires sont moins corsés (que dans le deuxième cycle) mais les contre-pieds sont suffisamment nombreux pour que l'entreprise reste intéressante. Il y a beaucoup de bonnes idées, mais ça ne colle pas vraiment. Honnêtement, c'est le cycle que j'aime le moins. Mais vous l'aurez compris, ça se ressource.

A défaut d'être le blockbuster attendu, une très bonne série B à suivre.
La suite de la saga, dessinée par Reno, très prochainement :)
 
Aquablue 6 à 11. Scénario : Thierry Cailleteau ; Dessin : Ciro Tota, Siro. Publié chez Delcourt.


1. A ce sujet une interview d'Olivier Vatine et Thierry Cailleteau de 2004 http://www.bdparadisio.com/Intwcailleteau.htm
2. En plus de ses travaux crédités que vous pourrez trouver sur le site de la bédéthèque, je vous conseille son Petit livre rouge du story-board.
3. Moi j'aimerai bien être copain avec une hyène
4. Les tous débuts de la colorisation informatique. En 1990, avec la version américaine d'Akira, débute la colorisation informatique. En 1992 naît l'éditeur Image comics, qui publie Spawn, Wildcats...

Bande-dessinée, space opera, écologie, fantasy, aventures, critique, analyse, Delcourt, Thierry Cailleteau, Olivier Vatine, Ciro Tota, Siro, Reno

La Tour sombre et les adaptations [Film] 2017

Fantasy, anticipation | USA |

Ciné - Stephen King  et l'Histoire sans fin

Comment expliquer ? Les façons les plus sûres d'être déçu par un film et en l'occurrence une adaptation, c'est soit qu'il soit mal vendu (cf : Supernova), soit finalement, d'avoir déjà lu le livre (ou la BD). Et il a plusieurs fois été prouvé qu'une bonne adaptation est une mauvaise adaptation (et non pas l'inverse), paradoxe inaltérable.

Énumérons :
-Stephen King déçu par l'adaptation de Shining par Kubrick ;
-Dune renié par son réalisateur et par les fans du livre (OK la fin est torchée) ;
-Watchmen trucidé par Alan Moore (alors que franchement, c'est quasiment kif-kif¹) ;
-Blade runner ? Un développement basé sur une nouvelle ;
-Orange mécanique ? Il ne manque que deux passages du livres, mais le propos est transformé ;
-La Planète des singes ? Pas moins de TROIS variations différentes (et intéressantes) autour d'un livre d'à peine deux cents pages...
Donc, il faudrait lire les livre APRÈS.
Ou considérer qu'il s'agit d'une œuvre différente, malgré un certain nombre de traits communs.

La narration cinématographique, dans son format long du moins, est un des médiums les moins libres et des plus exigeants. La forme de narration qui s'est imposée, avec le temps, est le "réalisme", émotionnel, souvent spectaculaire, mais toujours NARRATIF, avec une exposition, un déroulement, une conclusion. On pourra citer des contre-exemples, mais c'est la règle générale.
Le livre, lui, a moins de contrainte : il passe par une narration à la première personne ou la troisième, raconte à rebours, ne raconte rien, philosophe, et fait des parenthèses (de cent pages, parfois). Surtout, il a une liberté de ton. L'analyse demanderait à être développée, une autre fois, mais pour l'instant et plus précisément : un livre n'a pas de contour.
Tandis que le cinéma, en tant que prestidigitateur, donne à montrer ce qu'il veut, le livre donne à penser, sans pour autant avoir à contrôler le regard du lecteur ou sa pensée. Parce qu'il n'y a pas de temporalité, le lecteur est moins téléguidé.
Comme si le film était monologue, et le livre dialogue. Bien sûr, ce n'est pas tout à fait vrai mais je crois qu'il y a une différence de ce type.

La Tour sombre, c'est en quelque sorte le Garage hermétique² de Stephen King. Une œuvre définie par son auteur comme créée en auto-écriture, quasiment, sans objectif prédéfini en tout cas, un cas à part dans sa bibliographie. Une sorte d'oulipo³ à fort ratio mystique, avec des archétypes inspirés du tarot. Du King d'inspiration Jodorowskyenne pour résumer. C'est sûr que les lecteurs ont dû avoir la gorge serrée à la vision du film.
Parce que, que reste-t'il du Grand Œuvre au final ?
Une quête initiatique, portée par un jeune héros en quête de sens. Un ado perturbé par des songes récurrents depuis la mort de son père, des songes interconnectés qui donnent un sens à la réalité et qui remplissent le vide affectif. Seulement, s'agit-il vraiment de rêves ?
Dans cet univers cosmogonique⁴, la Tour est le pilier du monde, et l'Homme en noir règne en maître avec sa horde de démons à masques humains⁵, et grâce au shining de certains enfants, tente de détruire le pilier. Aussi la lignée des pistoleros sont là pour défendre l'équilibre du monde.
Mais le beau-père du jeune homme, lassé par ces divagations, contacte un institut qui voudrait bien le prendre en charge. Mais lorsqu'ils viennent le chercher, ils les reconnaît assez vite comme étant des démons. Parce qu'on voit bien les bords des masques quand on sait où regarder...

Même en le tournicotant dans tous les sens, la Tour sombre n'est pas un film de science-fiction. C'est un film fantastique, comme presque toutes les histoires du King, mais il intègre des éléments de SF qui en transforment le sens.
Il s'inscrit dans deux mondes, et donc à la théorie des deux mondes, à l'instar de Matrix. Mais par sa forme il s'intègre dans la lignée de l'Histoire sans fin ou Stardust le Mystère de l'étoile dans un registre un peu plus badass. Une intrigue résolue assez vite en regard des huit tomes originaux.

Un film bien emballé mais qui manque d'originalité. Une histoire qui fait la part belle à l'imagination, aux enfants mal dans leur peau et aux archétypes de Carl G. Jung⁶.


1. C'est essentiellement un changement de ton et c'est tout le problème.
2.
Le Garage hermétique, une bande-dessinée de science-fiction de Moebius.
3.
Oulipo : OUvroir de LIttérature POtentielle, groupe de littérature innovante représenté entre autres par Raymond Queneau et Georges Perec.
4.
L'univers est redessiné, tel le monde mythologique nordique avec son arbre-monde. Remember L'Histoire sans fin.

5. Un thème cher à Clive Barker.

6. Psychiatre célèbre ayant formulé la théorie des archétypes, semblables aux figures du tarot.

Cinéma, espace-temps, mondes parallèles, anticipation, post-apocalypse, fantasy, critique, analyse, Stephen King, Nikolaj Arcel, Idris Elba

Le Château des étoiles 1,2,3,4 [BD] 2014-2018

Fantasy scientifique | France |


BD - Un Voyage extraplanétaire extraordinaire
C'est clairement la question du genre, son goût de l'aventure scientifique et sa maîtrise des couleurs qui frappent dans Le Château des étoiles.
Alors qu'en dire, sans vous spolier vos surprises ? Et bien déjà, que la promo mise en place autour de cette série, notamment avec le "journal" contenant les mini-épisodes, n'en est pas une : il s'agit d'une pré-publication. De deux, elle est doublement légitime : pour la première raison du coup, parce qu'une pré-publication s'autolégitime, et aussi parce c'est une bonne série de fantasy qui méritait de se faire remarquer.

Ce n'est pas du steampunk, comme on aura pu le lire. Malgré le fait de l'esthétique, qui effectivement rappelle le steam (uchronie, dirigeables, contexte historique...), le scénario s'en démarque facilement, tout simplement en n'utilisant pas de vapeur (steam en anglais), mais de l'éther. Cet éther ne faisant pas référence à l'éther médical, mais plutôt au 5e élément des philosophes antiques : le Ciel. Ici, il s'agit de l'énergie contenue dans le vide spatial, au-delà de la barre des 30.000 mètres.
L'histoire commence en 1868, à Courrière, avec Marie Dulac et son détecteur d'éther embarqué dans une montgolfière, puis se poursuit très rapidement en Bavière, où le journal de Marie est tombé, avec Louis II de Bavière et Bismark, et seulement au 3e volume, en Angleterre. Je précise pour bien signifier le rapport au steampunk pour ceux que ça intéresse. C'est plutôt l'exposition universelle et Jules Verne qui sont au coeur de l'esthétique, on doit donc pouvoir parler de Merveilleux scientifique plutôt que de Steampunk, voire de Fantasy scientifique. Mais comme il s'agit d'un code esthétique et non d'un genre narratif, je ne m'y attarderai pas plus que ça.

Les couleurs, réalisées à l'aquarelle, sont de toute beauté.
Quelques références sont communes à notre monde : Les Aventures du baron de Münchhausen, Descartes, Newton, Les Chevaliers de la Table Ronde...
L'histoire montre plusieurs intérêts, notamment scientifique et historique. A travers une "petite" relecture des deux...
Sous son aspect désuet, se cache une espèce de plausibilité scientifique. Car plongés dans l'histoire en compagnie d'ingénieurs et de mécaniciens, nous sommes gentiment abreuvés de données mathématiques et mécaniques, et l'on se prend à rêver, comme le jeune héros, qu'il y ait une flore exotique sous l'atmosphère épaisse de Vénus, et de l'oxygène, toutefois raréfié, sur la surface de Mars.
Si l'influence non pas manga (ce que nombre déteste) mais animé japonais (ce qu'on adore depuis les 80's) se fait sentir dès la rencontre avec Hans, le jeune bavarois au gros nez, au 3e épisode l'influence de Myazaki apparaît plus nettement, car ce n'est plus la seule présence de l'aquarelle ou des personnages enfantins : engins inventifs, personnages féminins forts... (en plus du détournement direct d'une illustration quasi d'épinal de Nausicaä).
Et c'est ce qui pourra déplaire, d'ailleurs, le côté enfantin. Car les héros sont effectivement trois enfants, plongés dans des intrigues d'espionnage et de géopolitique. Mais l'histoire est suffisamment ambitieuse et montre suffisamment d'intérêt pour passer outre une identification "régressive".
Un univers riche, et de bonnes idées.

Le 4e album est toutefois un peu déstabilisant : si les trois premiers albums fonctionnaient dans un imaginaire collectif reposant sur des références XIX°, nous sommes parachutés en terrain inconnu au quatrième. Mars n'étant pas vraiment une référence du XIXe (John Carter apparaîtra en 1912, et ce sera encore de la fantasy sans référence à la science), on peut avoir le sentiment d'une rupture dans l'univers, et ça pourra paraître plus fluide pour un lectorat moins au courant de ces références (le jeune lectorat). Il y aussi que les autochtones de Mars (Martiaux) ne sont pas très bavards, et cela entraîne, selon moi encore, une rupture narrative. Le dessin et l'aquarelle, de leur côté, semblent aussi plus flous et moins détaillés.
L'ensemble reste toutefois original et de qualité.

Une belle série pour les petits et grands enfants donc.
 
LE CHÂTEAU DES ÉTOILES : Scénario & dessin d'Alex Alice. Publié chez Rue de Sèvres. 

Fantasy scientifique, science-fiction, bande-dessinée, aventures, critique, analyse, Rue de Sèvres, Alex Alice

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