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Tenet [Film] 2020

Espionnage SF | USA, Royaume-Uni |

Une prise d'otages est en cours dans un opéra en Ukraine. Un agent infiltré, nommé Protagoniste, se trouve parmi les brigades anti-terroristes dépêchées pour déjouer la prise d'otages, qui se trouve être un leurre pour faire assassiner un diplomate et subtiliser un colis. Alors qu'il récupère toutes les bombes posées par les terroristes, le protagoniste est sauvé par une balle inversée mais il est capturé. Alors qu'il est interrogé, il avale une capsule de cyanure. Mais en fait, c'était pas vraiment du cyanure, et l'assassinat du diplomate était un leurre aussi.
"-Je démissionne.
-Vous êtes morts, vous ne travaillez plus pour nous. Votre devoir transcende l'intérêt national, c'est une question de survie. [...] Il s'agit de cloisonner le savoir. Je n'ai à vous donner que ce geste, associé au mot "précepte" ou "tenet". A manier avec soin. Il ouvrira les bonnes portes, et parfois aussi les mauvaises."

Tenet ? Un film d'espionnage nextgen à la sauce terroriste. Ou une bonne comédie d'espionnage, selon... Quand Nolan emprunte des idées à Jean Cocteau, et Doctor Who à la fois¹. Mais Nolan n'en a pas parlé.
Nolan, ou le mec qui passe la moitié de son temps à faire des grosses prods expérimentales. Le Prestige est bien loin (son film en tout cas, parce que le prestige lui, colle un peu à sa pelloche).
Nolan, un des rares réalisateurs modernes (ou futuristes selon le point de vue).
Nolan, ou comment se faire un AVC en essayant de suivre deux trames temporelles en même temps. Tournicoti, tournicota ! C'est le Manège enchanté.
Pourquoi ? Parce qu'il part presque d'une idée de cinéma (rembobiner) et la plante dans un réalisme de guerre et d'espionnage (une Guerre Froide). D'autant plus que Tenet tourne bizarrement autour de l'art : d'abord dans un opéra, puis autour de DEUX copies d'un Goya. C'est donc le double de Tenet qu'il faut regarder... Une expérience de cinéma alors, mais pourquoi faire ? N'est-ce pas là, pur argument de fiction ?
Pur argument de fiction ? Ou est-ce que le moment serait venu d'inverser le temps ? De rembobiner ? D'inverser les conceptions des choses ? En voilà une inception ! Le cinéma étant déjà le miroir déformant de notre société...

Tenet tient une partie de son inspiration du carré Sator, un carré magique lisible dans tous les sens et composé de cinq mots : Sator arepo tenet opera rotas soit "le semeur à la charrue maintient par son travail la rotation." Bien que j'aie pas fait latin.
Deuxième "devise" du film : "Notre monde est clair-obscur et sans ami au crépuscule".
Les deux attentats terroristes du film se trouvent être des leurres pour camoufler des opérations d'espionnage, ce qui à l'instar de 2001, en fait un film sur le secret.
Du point de vue réaliste, un certain nombre de questions pratiques restent en suspens. Mais le contenu "Dickien" ou "moderne" est là et c'est bien suffisant. Les questions portant sur la temporalité du film n'existent de toutes façons, pas. Les questions internes étant acceptées comme telles.
Pour la première fois de ma vie, j'ai peur d'un film, de me fissurer les neurones. Je crains que ce film soit pur vortex.
"N'essayez pas de comprendre. Ressentez" nous est-il dit au début du film.
Par ailleurs, le casting international est très chouette, et Kenneth Brannagh presque méconnaissable ("c'est lui ?""c'est pas lui ?").
Le vrai problème désormais, est de regarder Tenet à l'envers sans bousiller son lecteur ?

Assurément un film d'espionnage très métaphysique alors accrochez-vous !


1. Orphée, de Jean Cocteau, un des rares films tourné à l'envers. Docteur Who : voir River Song de la saison 4 (épisodes La Bibliothèque des ombres) à la saison 7.

Cinéma, science fiction, action, anticipation, espionnage, espace-temps, policier SF, thriller, technologie secrete, critique, analyse

Cloverfield [Film] 2008

Film catastrophe | USA |

Une vue de Central Park prise au caméscope. Rob et Beth, un jeune couple, euphoriques, se réveillent d'une nuit ensemble. Au plan suivant, le caméscope a changé de main. Il changera encore de main, et c'est Hudson qui s'occupera finalement de prendre les messages des copains pendant la soirée d'adieu de Rob. Alors que Rob et Beth sont séparés.
Le soir venu, alors que ce dernier se confie à son frère Jason et Hudson, qui lui remontent le moral, un énorme bruit retentit dans la ville et l'électricité est coupée. Ils sont sous le choc mais une explosion se produit au loin, et les retombées de projectiles les obligent à quitter la terrasse. En bas, tout New-York est sorti aussi, et court dans la rue en criant. La tête de la statut de la liberté est projetée et tombe à côté de nous (ce serait une référence à la Planète des singes, je crois que c'est plutôt une référence au terrorisme mais bref). Quelque chose de vivant et d'énorme frôle un building, qui s'effondre. Le groupe d'amis est pris dans la tourmente. Très vite les militaires arrivent et les civils commencent à être évacués. Mais Rob veut retrouver Beth et fait marche arrière.

Un film catastrophe sur fond de Kaiju, filmé caméra à l'épaule, qui a retenu les leçons du slasher. Dix ans après Godzilla, les monstres géants commencent à s'installer aux US. Un rescue movie, aussi, si ce modèle persévère¹.
New-York transformé en zone de guerre, avec des tentes de médecins dans les sous-sols pour accueillir les centaines, les milliers de blessés... C'est encore le terrorisme en toile de fond, véritable trauma collectif.

Mais la qualité d'écriture du sous-texte n'a aucune importance à ce niveau de suspense et d'immersion... le scénario devient avant tout un indispensable outil technique.
La contrainte avec le found-footage, c'est de trouver le moyen de faire les coupes. Arrêter le caméscope pour revisionner un passage, c'est une coupe, le noir des coupures d'électricité en est une autre... mais avec le fond vert, tout devient plus simple. Du moins sur le plan du séquencier.
Mais aussi, avec une menace unique, comment rebooter l'intérêt du spectateur ? C'est comme les zombies, ils sont dangereux mais lents. Un seul ennemi implique de grandes contraintes. Et donc, ils sont silencieux, comme invisibles. D'ailleurs, que ce monstre-ci soit si peu visible facilite le réalisme du monstre géant : J.J. Abrams et Del Toro feront de même avec les leurs.

Deux "suites" à Cloverfield ont été mises en chantier sur le tard : 10 Cloverfield lane et The Cloverfield paradox. Sans être des suites à proprement parler, les films se déroulent dans le même univers : le "cloververse". Un thriller en huis-clos, tout d'abord, qui semble reprendre un scénario de Metal hurlant chronicles (le 2e épisode) et qui n'avait, initialement, rien à voir avec le premier film. Gros succès au box-office, surfant sur celui retentissant du premier. Puis une autre suite, un huis-clos à bord d'un satellite. Pas mal mais nettement inférieurs à l'original qui était particulièrement spectaculaire.
Les rumeurs précédant la sortie du premier film tournaient autour de Godzilla, mais plus particulièrement de Cthulhu² dont la société de production avait racheté les droits. L'idée aurait en fait été inspirée par le bloop, un mystérieux son d'ultra-basse fréquence marin entendu en 1997 (dans la réalité), et tout portait à croire (dans le film) qu'il s'agit d'un monstre marin réveillé par une société japonaise extrayant du sol marin un ingrédient pour une boisson énergisante (wtf ?!) : le satellite de l'entreprise se serait écrasé sur sa propre plateforme d'extraction... C'est ce que disent les bonus cachés du DVD en tout cas.

Technique, spectaculaire, vous êtes prévenu !


1. je ne sais pas s'il a déjà été formalisé : Il faut sauver le soldat Ryan, Supernova, Osiris... Le "rescue movie" étant un code similaire au buddy movie, sauver quelqu'un étant l'enjeu du film, ou partie du film.
2. Une création de H.P. Lovercraft, de la SF horrifique : L'Appel de Cthulhu (1928).

Cinéma, science fiction, found footage, film catastrophe, bloop, kaiju, critique, analyse

Upgrade [Film] 2018

Action SF | Australie |

Ciné - Cyberpunk. Gore. Cybergore.

Grey est mécanicien à son compte, il déteste le tout-électronique et ne s'occupe que des voitures de collection. Il vit avec sa femme programmeuse dans une maison relativement luxueuse et intelligente (oui sa maison). Il lui propose (à sa femme) de l'accompagner chez le client à qui il doit ramener la voiture qu'il vient de terminer, afin qu'elle le ramène, mais aussi qu'il la lui présente. Le propriétaire de la voiture n'est autre que Eron Keen, le directeur de Cobolt, qui ne trouve rien de mieux que leur montrer sa dernière micro-puce expérimentale secrète. Sur le retour, la voiture intelligente s'emballe (comme quoi l'intelligence ça fait pas tout) et c'est l'accident. Ils s'en sortent vivants, mais trois pauvres les trouvent, tuent sa femme et le laissent pour mort.

Un petit film australien, le second de son réalisateur Leigh Whannell (et avant Invisible man, 2020), plutôt réussi et très bluffant à la première vision. A la deuxième l'évidence est probante : le scénario aurait mérité d'être encore travaillé, car des non-sens pointent le bout de leur nez et font boiter le tout (comment boiter avec un bout de nez, ça...) Malgré tout c'est donc une bonne surprise. Un film de vengeance efficace, sur fond de cyberpunk (ou plutôt de néo-cyberpunk) avec des cyborgs dedans. Et c'est encore assez rare pour être apprécié. De bonnes idées pour rafraîchir le genre, notamment du gore et du transhumanisme, mais aussi plein de petites idées pour nous projeter : des téléphones de la taille d'une oreillette (finis les jeux vidéo dans le métro), des voitures assistées 12G (on en avait vu dans Cloud Atlas) qui ressemblent à des hypercars en moins aérodynamiques, et un fossé entre les classes sociales qui fournit l'argument de départ.
En plus il y a de jolies couleurs : c'est ça que le cinéma a retenu du cyberpunk après Blade runner.
Des voitures qui volent (probablement de type "taxis à Dubaï"¹), le background est sympathique et le décor bien planté.

Bien sûr tout ça ne serait rien sans une réalisation efficace et inventive.


1. Vrai projet de type mini-hélicoptères

Cinéma, cyberpunk, anticipation, action SF, cyborg, intelligence artificielle, transhumanisme, critique, analyse

Total Recall [Film] 1990

Thriller SF| USA |

Ciné - Crash neuronal et embolie schizophrénique

Parler de Total recall aujourd'hui, ça fiche un peu le cafard...
L'époque bénie où les effets spéciaux ne se sentaient plus pisser, où les réalisateurs n'avaient plus froid aux yeux, où même les cauchemars de Lovecraft pouvaient enfin prendre vie (cf. : The Thing). Les effets spéciaux latex et mécaniques allaient loin, trop loin, et du coup, quarante ans plus tard, les films ont vieilli, ce qui est bien sûr tout à leur honneur. Et du même coup, ils se font remaker. Avec plus ou moins de succès. Heureusement les films vieillissent, OK, mais sont immortels et survivent sur de multiples supports. Le Pestacle !

Douglas Quaid, ouvrier terrien, rêve d'une vie d'aventure sur Mars, qui est désormais une colonie humaine. Il rêve de Mars, déjeune avec Mars au grand dam de sa femme, et prend le métro avec Mars. C'est en voyant la publicité d'une société proposant des souvenirs artificiels, qu'il se décide à en faire l'expérience contre l'avis son collègue de travail. A la sortie, il est à deux doigts de faire une embolie SCHI-ZO-PHRé-NIQUE, alors que le rêve n'est même pas implanté. Conclusion : Quaid est déjà allé sur Mars, et il a déjà un implant mémoriel. Les employés et le directeur de la petite entreprise décident de lui effacer de sa mémoire sa venue chez Rekall, et de le jeter dans un taxi ni vu ni connu. Sur le chemin, Quaid a repris conscience et se fait enquiquiner sévère par son collègue et trois autres hommes, qui lui reprochent d'être allé chez Rekall. Il les tue par réflexe, dans le feu de l'action, et en rentrant chez lui, c'est sa femme qui manque de le tuer.

Si Total recall sent les 80's c'est une chose, mais avec le recul c'est plutôt le "réalisme béton et fusil à pompe" qu'il fouette à plein nez¹. Quand il met la main à la pâte de la scifi, Verhoeven nous fait Robocop, Starship troopers... des films de SF où l'on tire à balles réelles. Verhoeven sait donner une crédibilité crue à sa SF. Par ailleurs, le fait d'être dans une bande SF est tout-à-fait assumée : les billets de banque sont roses par exemple... A l'époque les influenceurs youtubeurs ne chipotaient pas sur des détails.

Ciné - Courir contre l'oubli
La genèse de Total recall est tout aussi intéressante. Ronal Shusett et Dan O'Bannon² écrivent le scénario dans les années 70 à partir d'une nouvelle de Philip K. Dick, Souvenirs à vendre. Trop ambitieux pour l'époque, le scénario passe de studio en studio jusqu'à ce qu'il soit acheté dans les années 80 par Dino de Laurentiis. Puis il est réécrit par David Cronenberg, mais la prod veut impérativement un film d'action, et il quitte le projet. Suite à l'échec de Dune, De Laurentiis abandonne le projet, et c'est Schwarzennegger, qui avait essayé d'obtenir le rôle, qui reprend en main le projet. Il trouve le producteur, Carolco pictures, puis le réalisateur, Paul Verhoeven, qui l'avait déjà envisagé pour le rôle-titre de Robocop. C'est encore Schwarzennegger qui trouvera le scénariste pour boucler le dernier acte qui faisait défaut au scénario. Rob Bottin³, enfin, s'occupera des effets de maquillage avec le succès qu'on connaît. Total recall a vieilli, certes, mais n'a rien perdu de son efficacité.
Pour en faire un bon remake, il faudrait déjà pouvoir garder tout le contenu Dickien, tout simplement, à l'inverse de quoi vous n'obtiendrez qu'un film lambda.
Si Terminator est au patrimoine national américain⁴, alors Total recall est à inscrire au patrimoine martien.

Total recall est largement un chef d’œuvre, et l'émergence des effets spéciaux numériques n'auront fait que le graver un peu plus profondément dans le marbre.


1. Le réalisme béton et fusil à pompe, comme je l'appellerai dorénavant à défaut de trouver le nom d'origine, c'est une esthétique d'inspiration industrielle, béton, à l'exact opposé de la fantasy : Outland, Toal recall, Starship troopers, Wing commander, Event horizon...
2. Scénariste notamment de The Long tomorrow avec Moebius, qui inspirera le film Blade Runner, et d'Alien le 8e passager.
3. Responsable des effets spéciaux sur the Thing.
4. Véridique. 

Cinéma, science, fiction, anticipation, espionnage, action, thriller, colonisation spatiale,  androïdes, mutation, Arnold Schwarzennegger, Paul Verhoeven, critique, analyse

The One [Film] 2001

Kung-fu | USA |

Ciné - Double Jet, un film d'action interdimensionnel

Le film s'ouvre avec le méchant Jet Li en prison, sur le point d'être transféré. Mais un super-méchant Jet Li arrive et le tue. En tuant ses doubles des mondes parallèles, il devient plus puissant et rapide. Ainsi il élimine toute la troupe d'escorte facilement, mais il est arrêté plus loin par deux flics du multivers (et leurs rayguns futuristes). Ensuite ils sont tous téléportés dans leur univers pour son jugement. Sur le point d'être transféré à perpétuité dans un univers-prison, une jolie fille présente dans la salle fait diversion en explosant une souris à distance. Jet Li reprogramme alors la destination du transfert afin d'assassiner son dernier "double", le gentil Jet Li.

Avec son allure de film HK, The One est pourtant bien un film américain. Un film d'action SF à la sauce wire-fu post-Matrix très cool, à moins d'être allergique. Mais soyons clairs, derrière son argument SF voire, aujourd'hui, scientifique¹, il s'agit surtout d'un film d'action efficace. Une série B avec du second degré dedans.
Statham et Delroy Lindo sont très rigolos en régulateurs à la Terminator-Matrix. Les régulateurs, bientôt stéréotypes de série B² ?
Et l'effet de morphing qui accompagne le transfert, faut vraiment le voir pour le croire.
La fin laisse présager une suite, type survival, genre trilogie foutraque à la Riddick...


1. La théorie du multivers a été formulée pour la première fois par le philosophe grec Anaximandre au VIe siècle av. J.-C. Aujourd'hui c'est un postulat quantique.
2. On pense aux Régulateurs de Stephen King /Bachman, au Régulateur de Corbeyran et Moreno...

Film, science-fiction, action SF, kung-fu, wire-fu, mondes parallèles, dimensions, surhumain, critique, analyse

Six-string samuraï [Film] 1998

Kung-fu anticipation | USA |

Ciné - Un survival musical sauce kung-fu

L'histoire prend place autour de Lost Vegas, le dernier bastion de liberté après que la bombe ait explosé en 1957 et que les Russes aient envahi ce qui restait des USA. Elvis fut couronné roi, mais après quarante ans de rock'n'roll, le King est mort, et les guitaristes à l'épée se battent pour la succession. C'est dans ce contexte que la "samouraï Six-cordes" sauve un enfant mutique (en pyjama et à la toque de Davy Crockett) des quatre cavaliers de l'Apocalypse, un groupe de Death metal dirigé par la Mort.

Dans un contexte post-apocalyptique, et uchronique, Six-string samuraï est un film de castagne où fétus de paille et guitaristes fêlés se côtoient. Ou plus précisément, un film de samouraï /kung-fu musical sur fond d'apocalypse.
Musical car la bande-son, assez épique, accompagne le film de bout en bout. Samouraï, il rappelle d'ailleurs beaucoup Baby cart avec sa figure du samouraï errant, samouraï à l'enfant. Kung-fu parce qu'il y a plus de deux-trois coups de pied sautés qui ne se perdent pas, et post-apocalyptique, parce que l'histoire prend place dans le bush nord-américain avec des néo-zombies rendus à l'état de Néanderthals ou de golfeurs cannibales.
Et aussi road-movie, western. Oué tout ça.
Mais ici, l'objectif du réalisateur n'est pas de surenchérir en mettant de tout ce qu'il aime dedans, mais bel et bien de créer un espace onirique¹ entre la vie et la mort, entre le rêve et la réalité, où la Mort est guitariste, le monstre-épinard mange les petits enfants, et où les mariachis jouent pour le titre.
Entre les pluies de bubblegum et les tempêtes de sable, le samouraï Six-cordes inscrit sa folle légende. Parce que les radiations, ça attaque.

D'abord sorti en VHS 4/3, Six-string samuraï est enfin disponible en 16/9° sous-titré... sur toutes les bonnes plateformes de streaming et de sous-titrage.
Quelques emprunts peut-être... on pense par moments aux frères Dalton, dans Lucky Luke, Reservoir dogs ou à Terminator 2.
La valeur ajoutée majeure du film étant sans conteste la B.O., alternant rock et rockabilly. Elle est réalisée par les Red Elvises et Brian Tyler qui signera plus tard celles de Bubba Ho-Tep, Prisonniers du temps, Constantine, Alien vs Predator, l'Œil du mal, the Lazarus project, Insaisissables, quelques Marvel...

Un OVNI cinématographique à réhabiliter, donc !


1. Remember Johnny Suede, the Fall...

 

Film, science-fiction, anticipation, post-apocalypse, uchronie, action, kung-fu, chambara, mutation, écologie, critique, analyse

Renaissances (Self/Less) [Film] 2015

Thriller SF | USA |

Ciné - Immortalité et transhumanisme : une course contre la montre

Un riche architecte est sur le point de mourir d'un cancer. Malgré tout ce qu'il a réussi dans la vie, il aurait aimé aussi réussir sa relation avec sa fille, Claire. Il décide donc de faire appel à Albright, une entreprise proposant une seconde vie grâce au transfert de conscience. Mais la société lui livre les termes du contrat au compte-goutte : il apprendra qu'il devra renoncer à sa richesse pour être quelqu'un d'autre, puis après l'intervention, qu'il devra définitivement renoncer à ses proches aussi (les arguments de départ du film ne tenant plus debout), et à ses souvenirs aussi puisqu'il devra en apprendre de nouveaux pour sa nouvelle vie. Et encore, qu'il aura un suivi régulier de l'entreprise, et enfin, qu'il y aura des effets secondaires et des pilules pour y palier. Bref, Damian Hale était prêt à renoncer à l'argent, à ses proches, mais pas à la vie. Mieux, il peut enfin faire des choses pour lesquelles il n'était pas prédestiné dans sa vie d'avant. Cependant les effets secondaires qui l'assaillent s'apparentent de plus en plus à des souvenirs, mais vécus par qui ?

Self/less, c'est deux types dans le même corps. Donc, c'est dickien, puisque personne n'a bien développé le sujet à part Dick. Du moins pas d'autre auteur classique¹, puisqu'il faut bien commencer à considérer K. Dick comme tel. Son impact est tel sur la SF qu'en plus que son nom soit devenu un adjectif de la science-fiction, il a déjà été adapté une vingtaine de fois au cinéma.
Dick, c'est aussi les méandres du cerveau et de la paranoïa. Mais la comparaison s'arrêtera là, faute de concret à se mettre sous la dent. Self/less propose un film d'action à la troisième personne, et pas une expérience immersive.
Sur fond d'action et thriller ici à égalité, façon Total Recall, Paycheck, ou encore Impostor, avec une intrigue donc moins labyrinthique mais menée tambour battant.
Il y a d'autres emprunts qu'à Dick, notamment au fantastique (Shining, et le thème de l'enfant maudit), qui accentuent la tension du film et facilitent les coups de parapluie.

Le film est réalisé par Tarsem Singh (réalisateur de the Cell, the Fall...) et joué par l'apathique Ryan "bichette" Reynolds² (Green lantern, Deadpool, Life : Origine inconnue...).
Le sujet du film, c'est évidemment le transhumanisme et le dépassement de la mort.

Self/less/Renaissances est un film d'action très sympathique qui nous balade du début à la fin pour notre plus grand plaisir.


1. Quoi Robert Louis Stevenson ?
2. Principal concurrent de Ryan Gosling avant Deadpool.

Film, science, fiction, anticipation, thriller, action, transhumanisme, critique, analyse

Prisoners of power [Film] 2009

Aventures SF | Russie |

Ciné - Crashé sur Saraksh
Prisoners of powers : Battlestar rebellion ; 2157 Planète inconnue ; Dark planet... Ah, tous ces titres qui sentent la série B de vidéoclub, le temps béni de la VHS avec ses chefs d’œuvres inconnus...
Un film de SF utopiste et foncièrement positiviste, un style plutôt léger : il s'agit effectivement d'un film pour adolescents et jeunes adultes, mais comme nous allons le voir, il vaut largement son pesant de cacahuètes...

"2157. L'âge d'or de l'humanité. Armés de la grande théorie de l'éducation, les Hommes ont oublié les guerres, la famine, et le terrorisme. La nature revit, la médecine a réussi à éradiquer les maladies et a permis d'exploiter toutes les facultés du corps humain. Les Terriens ont colonisé de lointaines planètes. Pour les nouvelles générations, les vols de prospection sont monnaie courante, et la dernière race de terriens est aussi forte et téméraire que naïve. Elle pense que rien ne lui est impossible."
A bord de sa fusée personnelle, Maxim discute avec sa grand-mère par "radio". Elle n'a pas fini de le sermonner sur son groupe de recherche libre qu'un astéroïde percute son vaisseau, et le voilà crashé sur Saraksh.

Maxime Kammerer vient de la Terre, une Terre idéale dont on n'apprendra presque rien. Il est parfait : une forme athlétique, une certaine invulnérabilité même. Un personnage qu'on suppose très instruit, mais poussé par l'intelligence du cœur. On ne sait pas trop si c'est à cause de son côté électron libre, ou de sa force incroyable, que les différents services du gouvernement tenteront de lui mettre le grappin dessus.
Un film frais, ambitieux, qui flirte avec 1984 et le mensonge d'état. Il est adapté d'un roman de 1971 paru en France sous le titre de L’Île habitée, écrit par Arcadi et Boris Strougatski, aussi auteurs de Stalker (1972) et Il est difficile d'être un dieu, également portés à l'écran. Dans leurs romans ils n'épargnent pas le régime soviétique, qui les censurera dès 1969, mais ils continueront de publier clandestinement jusque dans les années 80.
De son côté, le réalisateur Fiodor Bondartchouk fera Attraction en 2017.

2157 est tout-à-fait intéressant car malgré son côté grosse prod pour ados (le personnage principal est, en quelque sorte, un étudiant en voyage linguistique). L'utopie est un genre particulièrement difficile, et prend ici la forme d'une "utopie en balade dans une dystopie¹". La dystopie est déjà digérée, et sert ici essentiellement de décor.
Si on est loin du traitement d'Andreï Tarkovsky sur Stalker, ou même de la dernière adaptation, un poil incongrue et théâtrale, d'Il est difficile d'être un dieu, il explore des sujets tout aussi intéressants comme la société de contrôle, le choc des cultures, l'éducation, le surhumain...
2157 c'est aussi la rencontre d'un militaire et d'un pacifiste, et donc, il prend par moments la forme d'un buddy movie original.
Dans le futur, les héros sont de grands blondinets frisés avec des sweats à capuche, et la fange des bas-fonds, des dark cosplayeurs. Mais justement, les personnages sont très typés et de nombreuses trouvailles visuelles ponctuent ce film très "bande-dessinée", c'est-à-dire coloré et décomplexé.

Les décors, assemblages de béton obliques, rappellent l'architecture post-constructiviste. Un monde futuriste régi par des Pères inconnus, où l'on trouve patrouilles volantes, cyborgs, des designs de véhicules beaux et rares (on pense à Total recall), mais surtout efficaces.

Un découpage épique qui pourra surprendre ou ennuyer : il s'agit en fait d'une compilation de deux films, réalisée pour l'international.



1. Pas si dystopique d'ailleurs : où les prisonniers ne sont pas menottés, où les fonctionnaires commettent des fautes graves et sont tout simplement virés, où d'ailleurs ils éteignent leur cigarette à la demande des prisonniers, où les chefs d'état reçoivent des appels de leur "papa". On est loin du manichéisme à la Star wars...

Film, science, fiction, space opera, dystopie, utopie, colonisation spatiale, mutation, théorie de l'éducation, action SF, surhumain, cyborg, critique, analyse

Hardcore Henry [Film] 2016

Action SF | Russie, USA |

Ciné - Chasse à l'homme augmenté
Hardcore Henry, c'est un peu Crank 2 avec moins de blabla. Un film d'action SF taré avec du parkour¹ dedans.
Filmé en Gopro et tourné dans des conditions mi-professionnelles mi-improvisées (tournage dans la ville), procurant au film un effet de réalisme imparable (déjà utilisé dans les Crank), alors qu'en même temps, le scénario est complètement jeté...

Fraîchement sorti de son coma artificiel, et amnésique, Henry n'a même pas le temps d'acquérir une voix synthétique en plus de ses membres artificiels que le laboratoire est attaqué par une faction opposée voulant le voler lui, prototype d'une expérience d'avant-garde : fabriquer des super-soldats mécanisés. A peine "parachuté" du laboratoire aérien, il va être l'objet d'une chasse à l'homme qui ne s'arrêtera plus.

Sur mode FPS /Survival, le film a été tourné pour deux millions de dollars via Bazelevs la société de production de Timour Bekimambetov².
Il y a des effets incompréhensibles qui participent à l'immersion : des cascades apparemment sans fil, des effets pyrotechniques en pleine ville, des clones téléguidés (dont un au fort accent british)... certes la caméra subjective aura pu faciliter sans doute le développement et le tournage du film, tant sur l'écriture de plans que sur les effets spéciaux... mais il aura pu avoir son lot de complications aussi. On cherche les raccords de plans par exemple... mais après la Corde et tous les found footage, il semble qu'un nouveau cap soit franchi.
Mais on se demande, quand même... entre un Numéro quatre à 60 millions et un Hardcore Henry à 2 millions, où passe l'argent... dans les taxes ? Possible qu'un effet de grue américaine revienne plus cher qu'un cascadeur-réalisateur russe... mais quand même, avec Attraction (Prityazhenie, 2017), il semblerait que les Russes soit en possession d'une technologie secrète pour faire des films pas chers... A méditer...


1. Parkour, freerunning : sport urbain.
2. Réalisateur de Wanted : Choisis ton destin, Abraham Lincoln chasseur de vampires, Ben-Hur (2016)...

Cinéma, action, clonage, cyborg, critique, analyse, Timour Bekimambetov

Terminator [Film] 1984

Action SF | USA |

Ciné - Une guerre à travers le temps : Terminator
2029. Une guerre oppose les humains aux machines intelligentes. La résistance, sur le point de gagner, est menée par John Connor, les machines décident d'envoyer un Terminator en 1984 afin qu'il tue sa mère (c'est pourtant simple). John, de son côté, y envoie un résistant pour la défendre.

Terminator est le second film de James Cameron, après le court Xenogenesis et Piranha 2, et quelques jobs sur d'autres films¹. Autre fait à souligner, Terminator commence dans un magasin de vêtements et finit dans une usine. C'est assez accessoire, OK.

Dès le début c'est le féerique logo d'Orion qui donne le ton. Puis les maquettes, et tous ces effets mécaniques qui nous rappellent pourquoi les années 80 ont produit autant de films cultes².
Évidemment le film a vieilli, mais c'est ce qui fait le charme de ces productions. On peut toujours regretter une tête animatronique et réfléchir à comment obtenir un meilleur effet, mais qu'importe : la créativité est là. C'était d'ailleurs l'atout essentiel d'une histoire en laquelle personne ne croyait³.
Terminator fait partie du renouveau opéré par Kubrick : après le Nouvel Hollywood et sa vague de films d'auteurs brillants mais pessimistes, les nouveaux cinéastes avaient l'avenir du cinéma devant eux et étaient inspirés par le futur.
Les effets spéciaux en latex et animatronique, en plus de la pyrotechnique, étaient en plein boom aussi : tout devenait possible, au cinéma du moins.

 

Point de vue scénario, Terminator n'est pas seulement un film d'action : le scénario tient beaucoup du thriller. Ambiguïté de Kyle Reese, éléments d'intrigues dévoilés au compte-goutte... bien sûr c'était la seule façon de présenter cette histoire de façon réaliste, avec une immersion progressive.
Il y a aussi la "proposition" scientifique : comment un homme du futur peut-il enfanter une femme du passé après avoir été le meilleur copain de son fils ? Ou un truc du genre ? Manquerait plus qu'un fils soit aussi père de son père ! Beurk ! Et bien si Cameron décidait de passer outre ce paradoxe, c'était l'ironie du sort qu'il visait : en tentant d'"annuler" John Connor de manière rétroactive, les machines l'engendrent. Mais donc comment le futur avec John Connor a-t'il pu exister avant que les machines n'envoient le Terminator dans le passé, à moins d'être autonome ? En fait le temps, dans Terminator, est conçu avec une seule continuité, "à plat"⁴ : avant que les machines n'envoient le Terminator, lui et Ryse étaient déjà allés dans le passé. En mettant en scène un paradoxe (bé oui c'est pas un paradoxe pour rien), celui du grand-père⁵, Cameron invite l'ironie du sort et invente la blague cinématographique.
Et c'est justement cette blague qui deviendra la signature de la série (avec d'autres gimmicks plus anecdotiques), ce qui provoquera un joyeux bazar dans le troisième épisode puis le 5.
Le système changera avec Genisys puis Dark Fates. Mais déjà dans Terminator 2, la narration hésitait en soutenant que John a treize ans alors qu'il est censé en avoir 10 (le T-1000 avait d'ailleurs cette même info).

Bref, un film culte roublard mais aussi un classique.


1. Les Mercenaires de l'espace (1980, directeur artistique) ; New York 1997 (1981, effets spéciaux) ; la Galaxie de la terreur (1981, chef décorateur).
2. Il ne s'agit pas de films cultes à proprement parler mais des 80's qui sont cultes, grâce à des films relativement géniaux, en tout cas inventifs.
3. En tout cas pas Schwarzenegger ni Biehn.
4. Il n'y a que trois grandes façons de concevoir le temps dans un "voyage dans le temps" : soit on crée une réalité parallèle à chaque "modification" temporelle, soit on annule la précédente, soit tout est déjà écrit.
5.Un voyageur temporel se projette dans le passé et tue son grand-père avant même que ce dernier ait eu des enfants. De ce fait, il n'a donc jamais pu venir au monde. Mais, dans ce cas, comment a-t-il pu effectuer son voyage et tuer son grand-père ?

Cinéma, action, thriller, science-fiction, Androïdes, IA, critique, analyse, pont d'Einstein-Rosen, James Cameron, Arnold Shwarzenegger, Linda Hamilton

Hyper tension 2 [Film] 2009

Action | USA |

Comment j'ai cranqué à la voyure de cé movie (expression québécoise) !!

Ciné - Une "action comedy" déjantée : Hypertension 2
Quand je suis tombé sur ce film, je n'avais ni vu le premier, et Hardcore Henry n'était pas encore sorti ; c'était une grosse claque qui venait de nulle part. De nulle part, vraiment ? C'est ce que nous allons voir.

En pixel art (les deux Crank sont très inspirés par le jeu vidéo), deux types tombent d'un hélicoptère qui survole la ville, sur une musique industrielle, et le titre CRANK puis HIGH VOLTAGE qui clignote en négatif. On passe en film live : Jason Statham rebondit sur une voiture et retombe dix mètres plus loin, face caméra. Sur ce une fourgonnette arrive, NEUF types en descendent, le décollent du bitume à la PELLE (oui oui : à la pelle) et l'embarquent¹. Après qu'un présentateur de JT nous ai répété la scène² mot pour mot, on retrouve Statham (Chev Chelios) sur une table d'opération dans une clinique clandestine. On lui retire son cœur de lion, destiné à un riche client, et lui remplace par un artificiel. La principale opération effectuée, les médecins discutent du schéma de découpe. En apprenant qu'on va tout lui prendre jusqu'à son appareil géniteur, il fait un bond et trucide les médics avec leurs propres outils médicaux. On sent tout-de-suite que le spectacle va être, disons, testiculé et bien limitless. Évidemment c'est du grand n'importe quoi, mais c'est dynamique vu que le mec oscille entre coups de mou et recharges en triphasé, et puis qu'il est pas mal pressé de récupérer son vrai cœur (la batterie du cœur artificiel est provisoire, prévue pour servir le temps de l'opération).
Autre fait intéressant, c'est qu'il y a beaucoup de petits nichons, et ça change (on est en 2009). C'est d'ailleurs tout ce qu'il y a de bon goût dans cette bande, ce goût du vrai³.

 

Un montage hystérique, un thème sonore détendu. Du style. Crank, c'est un peu la succession de Dobermann, Desperado, Street Trash, Enfermés dehors, Pusher... Et allez, avec un peu de Shocker aussi. Pas moins. C'est pas toujours égal mais ça réserve de bons moments. Le concept étant basé sur une surenchère permanente, l'épisode est à deux doigts de faire de son personnage principal un super-héros. Le premier film, c'était du pipi de chat à comparer, et pourtant il était déjà assez incroyable.
Dans le premier épisode, Chev Chelios devait prendre des excitants et se maintenir en mouvement pour contrecarrer les effets d'un poison qu'on lui avait injecté pendant son sommeil. C'est ici d'électricité qu'il a besoin pour rebooster la batterie du cœur artificiel. La caméra est survoltée aussi, et c'est tourné à Los Angeles, dans la rue, voire même à l'insu des habitants pour certaines scènes. Ce qui a pour effet d'accentuer une sorte de réalisme, pris sur le vif.

Pour qui ne craint pas le mauvais goût, Crank est une action comédie à ne pas rater...



1. Et dire qu'on disait de Dobermann qu'il était "BD" et de mauvais goût, avec ses conducteurs de fourgons blindés qui râpent le bitume ou Romain Duris se faisant flinguer la nouille !
2. Pour l'effet réaliste et une immersion rapide, sûrement.
3. Le Goût du vrai est par ailleurs le titre d'une conférence d’Étienne Klein.

Action, science-fiction, cinéma, mutations, kaiju, critique, analyse, Jason Statham, Amy Smart

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