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Tenet [Film] 2020

Espionnage SF | USA, Royaume-Uni |

Une prise d'otages est en cours dans un opéra en Ukraine. Un agent infiltré, nommé Protagoniste, se trouve parmi les brigades anti-terroristes dépêchées pour déjouer la prise d'otages, qui se trouve être un leurre pour faire assassiner un diplomate et subtiliser un colis. Alors qu'il récupère toutes les bombes posées par les terroristes, le protagoniste est sauvé par une balle inversée mais il est capturé. Alors qu'il est interrogé, il avale une capsule de cyanure. Mais en fait, c'était pas vraiment du cyanure, et l'assassinat du diplomate était un leurre aussi.
"-Je démissionne.
-Vous êtes morts, vous ne travaillez plus pour nous. Votre devoir transcende l'intérêt national, c'est une question de survie. [...] Il s'agit de cloisonner le savoir. Je n'ai à vous donner que ce geste, associé au mot "précepte" ou "tenet". A manier avec soin. Il ouvrira les bonnes portes, et parfois aussi les mauvaises."

Tenet ? Un film d'espionnage nextgen à la sauce terroriste. Ou une bonne comédie d'espionnage, selon... Quand Nolan emprunte des idées à Jean Cocteau, et Doctor Who à la fois¹. Mais Nolan n'en a pas parlé.
Nolan, ou le mec qui passe la moitié de son temps à faire des grosses prods expérimentales. Le Prestige est bien loin (son film en tout cas, parce que le prestige lui, colle un peu à sa pelloche).
Nolan, un des rares réalisateurs modernes (ou futuristes selon le point de vue).
Nolan, ou comment se faire un AVC en essayant de suivre deux trames temporelles en même temps. Tournicoti, tournicota ! C'est le Manège enchanté.
Pourquoi ? Parce qu'il part presque d'une idée de cinéma (rembobiner) et la plante dans un réalisme de guerre et d'espionnage (une Guerre Froide). D'autant plus que Tenet tourne bizarrement autour de l'art : d'abord dans un opéra, puis autour de DEUX copies d'un Goya. C'est donc le double de Tenet qu'il faut regarder... Une expérience de cinéma alors, mais pourquoi faire ? N'est-ce pas là, pur argument de fiction ?
Pur argument de fiction ? Ou est-ce que le moment serait venu d'inverser le temps ? De rembobiner ? D'inverser les conceptions des choses ? En voilà une inception ! Le cinéma étant déjà le miroir déformant de notre société...

Tenet tient une partie de son inspiration du carré Sator, un carré magique lisible dans tous les sens et composé de cinq mots : Sator arepo tenet opera rotas soit "le semeur à la charrue maintient par son travail la rotation." Bien que j'aie pas fait latin.
Deuxième "devise" du film : "Notre monde est clair-obscur et sans ami au crépuscule".
Les deux attentats terroristes du film se trouvent être des leurres pour camoufler des opérations d'espionnage, ce qui à l'instar de 2001, en fait un film sur le secret.
Du point de vue réaliste, un certain nombre de questions pratiques restent en suspens. Mais le contenu "Dickien" ou "moderne" est là et c'est bien suffisant. Les questions portant sur la temporalité du film n'existent de toutes façons, pas. Les questions internes étant acceptées comme telles.
Pour la première fois de ma vie, j'ai peur d'un film, de me fissurer les neurones. Je crains que ce film soit pur vortex.
"N'essayez pas de comprendre. Ressentez" nous est-il dit au début du film.
Par ailleurs, le casting international est très chouette, et Kenneth Brannagh presque méconnaissable ("c'est lui ?""c'est pas lui ?").
Le vrai problème désormais, est de regarder Tenet à l'envers sans bousiller son lecteur ?

Assurément un film d'espionnage très métaphysique alors accrochez-vous !


1. Orphée, de Jean Cocteau, un des rares films tourné à l'envers. Docteur Who : voir River Song de la saison 4 (épisodes La Bibliothèque des ombres) à la saison 7.

Cinéma, science fiction, action, anticipation, espionnage, espace-temps, policier SF, thriller, technologie secrete, critique, analyse

Memories [Film] 1995

Aventures SF, anticipation | Japon |

...est un film omnibus en trois parties, d'après trois histoires de Katsuhiro Ōtomo.

La Rose magnétique prend place dans le voisinage de la Terre en 2092, avec des éboueurs de l'espace¹ à bord du Corona. Après avoir détruit une épave, ils sont prêts pour leur voyage de retour, un peu impatients, quand ils reçoivent un SOS provenant d'une station spatiale. Contraints par le code du travail d'y répondre, ils se rendent sur place et découvrent qu'un amas de débris orbite autour de la station géante en piteuse état. L'intérieur de la station est un intérieur européen, une sorte d'opéra spatial, qui semble habité par un fantôme.
Le malheur d'une femme, qui engloutit tout. Difficile de dire s'il s'agit d'une IA (possiblement déglinguée) ou d'une conscience transférée, qui par ailleurs semble accéder aux souvenirs comme à la conscience de ses occupants. Mais laissons les détails : l'anime contient d'ailleurs plusieurs mystères inexpliqués quant à la logique de l'histoire et le plan final est d'ailleurs impossible (ou a-t'il été intégré par l'ordinateur lui aussi, à l'instar de Bowman dans 2010 ?). Mais qu'importe : le métrage est d'une beauté formidable, évoquant immanquablement 2001 l'Odyssée de l'espace (la dernière partie, sur la mémoire). En fait tout le segment semble être une relecture de 2001, sur un registre plus horrifique, plus "Shininguesque". Le foetus final de 2001, à la vision de Memories, devient donc une renaissance virtuelle mais augmentée, à l'intérieur d'un programme extraterrestre...
La musique est signée Yoko Kanno, qui a beaucoup œuvré pour le genre mécha (Macross, Escaflowne, Gundam, Rahxephon...) mais aussi Cowboy bebop et Oban star racer...

Le second segment, de Genius Okamoto, la Bombe puante, commence avec Nobuo Tanaka qui retourne travailler au laboratoire alors qu'il est encore malade. Tout irait bien si ses collègues ne lui conseillaient pas de prendre un remède miraculeux qui vient d'être mis au point et en passe d'être commercialisé, et d'aller directement se servir dans le bureau du professeur en chef. Mais le laboratoire travaille aussi sur un projet top secret pour l'armée. Et donc, le jeune homme prend les mauvaises pilules rouges dans le mauvais flacon bleu. Il va dans la salle de pause et ne se réveille que le lendemain, effectivement guéri de son rhume. Mais découvrant que tous ses collègues sont morts, il appelle la police et les secours.
Sur un sujet comme la pandémie, Ōtomo nous livre une farce très sympathique, avec un humour léger et frais comme il a déjà su le faire avec Roujin-Z. La musique est notamment magnifique, les saxophones jazz-funk endiablés, et accompagnant Nabuo dans sa course désespérée.
On aurait pu croire (je l'ai longtemps cru sans vérifier) que si Ōtomo n'avait dirigé cet épisode, il s'était occupé du character design. Mais non, c'est le suivant qu'il a pris en charge.

Le troisième sketch est encore le plus courageux des trois. Une animation des personnages en traditionnel, au crayon, qui rappelle Fritz the cat ou même l'Impitoyable lune de miel, les dessins animés underground. Dans une dystopie en huis-clos, très marquée steampunk (ou dieselpunk pour les puristes), on va suivre parallèlement les journées d'un père chargeur de canon, et de son fils, endoctriné à l'école. Une dystopie très orwelienne, donc, où la propagande et le culte de la personnalité sont présents, et où tous les efforts de guerre (scolarité comprise) sont dirigés contre un ennemi inconnu dans une guerre perpétuelle.
Techniquement son principal intérêt est l'idée d'avoir des "plans uniques", en fait de longs "mouvements de caméra" qu'on appelle en cinéma live, travelling et zooms. Ce qui peut sembler facile à dessiner, en théorie, devient rapidement très complexe : les séries animées par exemple utilise plus souvent le balayage latéral appelé parallax, qui consiste souvent à montrer un personnage qui court sur fond de trames.
Le panoramique, qui consiste à faire tourner la caméra, est en fait courbe et plus complexe à dessiner.
Le segment est d'ailleurs produit par le studio 4°C², spécialiste du style superflat (super-plat).

Les trois segments sont écrits par Katsuhiro Ōtomo et Satoshi Kon, adaptés d'une bande-dessinée d'Ōtomo.

L'ensemble est de très bonne facture, une véritable pépite.


1. Thème qui sera repris dans le manga de Makoto Yukimura puis la série Planetes (2003).
2. Principalement connu en France pour Animatrix, Mind game, Amer béton, et maintenant Metafuckaz...

Cinéma, animation, anime, science fiction, anticipation, catastrophe, comédie, intelligence artificielle, post apocalypse, critique, analyse

Shangri-La [BD] 2016

Espionnage SF | France |

BD - La Fin des illusions

Shangri-La c'est l'éternelle, désormais, histoire des corporations, de la Résistance à long terme, de l'Autoritarisme passif, des castes, et des communautés boucs-émissaires, du racisme, à leur paroxysme. C'est l'Etat transformé en entreprise. C'est le cyberpunk¹ à l'extrême.
Une société recréée dans une station orbitale après que la Terre soit devenue inhabitable². Un microcosme du futur criant de modernité... des émeutes calmées à coups de soldes, à coups de smartphones nextgen... Des technologies secrètes, des usines secrètes, des complots secrets.
Le secret est sécrété par tous les pores.
Éminemment récalcitrant, comme un pavé venu du passé, qui prend un malin plaisir à passer les utopies de la SF à la moulinette. Et donc, éminemment cyberpunk.

Je passerai sur le style graphique, qui apparemment désarçonne certains lecteurs.

Un scénario parfait, un storyboard parfait, des dessins parfaits. "Une sorte de fresque cinématographique de 4h"³ et de 220 pages.
Comment croire que Shangri-La est le monument d'un seul homme ?
Qui est M. Bablet ?⁴
Les dessinateurs de demain seront-ils tous des bêtes de course dans son genre ?
Ou pourrait-on changer la tradition et créditer intégralement les co-auteurs ?

Je crois que tout est dit : scénario déjà vu pour les amateurs, thèmes maintes fois traités, mais une œuvre somme justement, magnifiquement réalisée. On pourra regretter une fin trop objective.
Sélection officielle à Angoulême 2017.


1. Ou post-cyberpunk : l'histoire se déroule en orbite de la Terre. Alors que le cyberpunk à comme règle d'or de toujours se dérouler sur Terre, la colonisation spatiale se révélant impossible et conduisant à une surpopulation.
2. Freedom, Interstellar, Albator 84...
3. Expression empruntée sur le site https://www.bedetheque.com/
4. Plus d'informations sur son blog http://cinquiemedimension.blogspot.com/

Bande dessinée, cyberpunk, anticipation, post apocalypse, espace-temps, colonisation spatiale, mutation, Bablet, Ankama, label 618, critique, analyse

Upgrade [Film] 2018

Action SF | Australie |

Ciné - Cyberpunk. Gore. Cybergore.

Grey est mécanicien à son compte, il déteste le tout-électronique et ne s'occupe que des voitures de collection. Il vit avec sa femme programmeuse dans une maison relativement luxueuse et intelligente (oui sa maison). Il lui propose (à sa femme) de l'accompagner chez le client à qui il doit ramener la voiture qu'il vient de terminer, afin qu'elle le ramène, mais aussi qu'il la lui présente. Le propriétaire de la voiture n'est autre que Eron Keen, le directeur de Cobolt, qui ne trouve rien de mieux que leur montrer sa dernière micro-puce expérimentale secrète. Sur le retour, la voiture intelligente s'emballe (comme quoi l'intelligence ça fait pas tout) et c'est l'accident. Ils s'en sortent vivants, mais trois pauvres les trouvent, tuent sa femme et le laissent pour mort.

Un petit film australien, le second de son réalisateur Leigh Whannell (et avant Invisible man, 2020), plutôt réussi et très bluffant à la première vision. A la deuxième l'évidence est probante : le scénario aurait mérité d'être encore travaillé, car des non-sens pointent le bout de leur nez et font boiter le tout (comment boiter avec un bout de nez, ça...) Malgré tout c'est donc une bonne surprise. Un film de vengeance efficace, sur fond de cyberpunk (ou plutôt de néo-cyberpunk) avec des cyborgs dedans. Et c'est encore assez rare pour être apprécié. De bonnes idées pour rafraîchir le genre, notamment du gore et du transhumanisme, mais aussi plein de petites idées pour nous projeter : des téléphones de la taille d'une oreillette (finis les jeux vidéo dans le métro), des voitures assistées 12G (on en avait vu dans Cloud Atlas) qui ressemblent à des hypercars en moins aérodynamiques, et un fossé entre les classes sociales qui fournit l'argument de départ.
En plus il y a de jolies couleurs : c'est ça que le cinéma a retenu du cyberpunk après Blade runner.
Des voitures qui volent (probablement de type "taxis à Dubaï"¹), le background est sympathique et le décor bien planté.

Bien sûr tout ça ne serait rien sans une réalisation efficace et inventive.


1. Vrai projet de type mini-hélicoptères

Cinéma, cyberpunk, anticipation, action SF, cyborg, intelligence artificielle, transhumanisme, critique, analyse

Total Recall [Film] 1990

Thriller SF| USA |

Ciné - Crash neuronal et embolie schizophrénique

Parler de Total recall aujourd'hui, ça fiche un peu le cafard...
L'époque bénie où les effets spéciaux ne se sentaient plus pisser, où les réalisateurs n'avaient plus froid aux yeux, où même les cauchemars de Lovecraft pouvaient enfin prendre vie (cf. : The Thing). Les effets spéciaux latex et mécaniques allaient loin, trop loin, et du coup, quarante ans plus tard, les films ont vieilli, ce qui est bien sûr tout à leur honneur. Et du même coup, ils se font remaker. Avec plus ou moins de succès. Heureusement les films vieillissent, OK, mais sont immortels et survivent sur de multiples supports. Le Pestacle !

Douglas Quaid, ouvrier terrien, rêve d'une vie d'aventure sur Mars, qui est désormais une colonie humaine. Il rêve de Mars, déjeune avec Mars au grand dam de sa femme, et prend le métro avec Mars. C'est en voyant la publicité d'une société proposant des souvenirs artificiels, qu'il se décide à en faire l'expérience contre l'avis son collègue de travail. A la sortie, il est à deux doigts de faire une embolie SCHI-ZO-PHRé-NIQUE, alors que le rêve n'est même pas implanté. Conclusion : Quaid est déjà allé sur Mars, et il a déjà un implant mémoriel. Les employés et le directeur de la petite entreprise décident de lui effacer de sa mémoire sa venue chez Rekall, et de le jeter dans un taxi ni vu ni connu. Sur le chemin, Quaid a repris conscience et se fait enquiquiner sévère par son collègue et trois autres hommes, qui lui reprochent d'être allé chez Rekall. Il les tue par réflexe, dans le feu de l'action, et en rentrant chez lui, c'est sa femme qui manque de le tuer.

Si Total recall sent les 80's c'est une chose, mais avec le recul c'est plutôt le "réalisme béton et fusil à pompe" qu'il fouette à plein nez¹. Quand il met la main à la pâte de la scifi, Verhoeven nous fait Robocop, Starship troopers... des films de SF où l'on tire à balles réelles. Verhoeven sait donner une crédibilité crue à sa SF. Par ailleurs, le fait d'être dans une bande SF est tout-à-fait assumée : les billets de banque sont roses par exemple... A l'époque les influenceurs youtubeurs ne chipotaient pas sur des détails.

Ciné - Courir contre l'oubli
La genèse de Total recall est tout aussi intéressante. Ronal Shusett et Dan O'Bannon² écrivent le scénario dans les années 70 à partir d'une nouvelle de Philip K. Dick, Souvenirs à vendre. Trop ambitieux pour l'époque, le scénario passe de studio en studio jusqu'à ce qu'il soit acheté dans les années 80 par Dino de Laurentiis. Puis il est réécrit par David Cronenberg, mais la prod veut impérativement un film d'action, et il quitte le projet. Suite à l'échec de Dune, De Laurentiis abandonne le projet, et c'est Schwarzennegger, qui avait essayé d'obtenir le rôle, qui reprend en main le projet. Il trouve le producteur, Carolco pictures, puis le réalisateur, Paul Verhoeven, qui l'avait déjà envisagé pour le rôle-titre de Robocop. C'est encore Schwarzennegger qui trouvera le scénariste pour boucler le dernier acte qui faisait défaut au scénario. Rob Bottin³, enfin, s'occupera des effets de maquillage avec le succès qu'on connaît. Total recall a vieilli, certes, mais n'a rien perdu de son efficacité.
Pour en faire un bon remake, il faudrait déjà pouvoir garder tout le contenu Dickien, tout simplement, à l'inverse de quoi vous n'obtiendrez qu'un film lambda.
Si Terminator est au patrimoine national américain⁴, alors Total recall est à inscrire au patrimoine martien.

Total recall est largement un chef d’œuvre, et l'émergence des effets spéciaux numériques n'auront fait que le graver un peu plus profondément dans le marbre.


1. Le réalisme béton et fusil à pompe, comme je l'appellerai dorénavant à défaut de trouver le nom d'origine, c'est une esthétique d'inspiration industrielle, béton, à l'exact opposé de la fantasy : Outland, Toal recall, Starship troopers, Wing commander, Event horizon...
2. Scénariste notamment de The Long tomorrow avec Moebius, qui inspirera le film Blade Runner, et d'Alien le 8e passager.
3. Responsable des effets spéciaux sur the Thing.
4. Véridique. 

Cinéma, science, fiction, anticipation, espionnage, action, thriller, colonisation spatiale,  androïdes, mutation, Arnold Schwarzennegger, Paul Verhoeven, critique, analyse

Renaissances (Self/Less) [Film] 2015

Thriller SF | USA |

Ciné - Immortalité et transhumanisme : une course contre la montre

Un riche architecte est sur le point de mourir d'un cancer. Malgré tout ce qu'il a réussi dans la vie, il aurait aimé aussi réussir sa relation avec sa fille, Claire. Il décide donc de faire appel à Albright, une entreprise proposant une seconde vie grâce au transfert de conscience. Mais la société lui livre les termes du contrat au compte-goutte : il apprendra qu'il devra renoncer à sa richesse pour être quelqu'un d'autre, puis après l'intervention, qu'il devra définitivement renoncer à ses proches aussi (les arguments de départ du film ne tenant plus debout), et à ses souvenirs aussi puisqu'il devra en apprendre de nouveaux pour sa nouvelle vie. Et encore, qu'il aura un suivi régulier de l'entreprise, et enfin, qu'il y aura des effets secondaires et des pilules pour y palier. Bref, Damian Hale était prêt à renoncer à l'argent, à ses proches, mais pas à la vie. Mieux, il peut enfin faire des choses pour lesquelles il n'était pas prédestiné dans sa vie d'avant. Cependant les effets secondaires qui l'assaillent s'apparentent de plus en plus à des souvenirs, mais vécus par qui ?

Self/less, c'est deux types dans le même corps. Donc, c'est dickien, puisque personne n'a bien développé le sujet à part Dick. Du moins pas d'autre auteur classique¹, puisqu'il faut bien commencer à considérer K. Dick comme tel. Son impact est tel sur la SF qu'en plus que son nom soit devenu un adjectif de la science-fiction, il a déjà été adapté une vingtaine de fois au cinéma.
Dick, c'est aussi les méandres du cerveau et de la paranoïa. Mais la comparaison s'arrêtera là, faute de concret à se mettre sous la dent. Self/less propose un film d'action à la troisième personne, et pas une expérience immersive.
Sur fond d'action et thriller ici à égalité, façon Total Recall, Paycheck, ou encore Impostor, avec une intrigue donc moins labyrinthique mais menée tambour battant.
Il y a d'autres emprunts qu'à Dick, notamment au fantastique (Shining, et le thème de l'enfant maudit), qui accentuent la tension du film et facilitent les coups de parapluie.

Le film est réalisé par Tarsem Singh (réalisateur de the Cell, the Fall...) et joué par l'apathique Ryan "bichette" Reynolds² (Green lantern, Deadpool, Life : Origine inconnue...).
Le sujet du film, c'est évidemment le transhumanisme et le dépassement de la mort.

Self/less/Renaissances est un film d'action très sympathique qui nous balade du début à la fin pour notre plus grand plaisir.


1. Quoi Robert Louis Stevenson ?
2. Principal concurrent de Ryan Gosling avant Deadpool.

Film, science, fiction, anticipation, thriller, action, transhumanisme, critique, analyse

Robot carnival [Animation] 1987-1998

Courts-métrages | Japon |

Ciné - Des courts-métrages animés et des automates

Si la vision d'un film à sketches sur le thème du robot, qui plus est sans dialogue¹, peut désarçonner, voir somnoler si vous ne faites pas de cheval, il n'en reste pas moins que Robot carnival est excellent et pour plusieurs raisons.

Non seulement parce qu'il donne l'occasion à des animateurs, sous le parrainage de Katsuhiro Ōtomo, de passer le cap supérieur et passer à la réalisation, mais aussi, pour nous, c'est l'opportunité de découvrir différents styles sur un thème commun. Des courts-métrages présentant des univers qu'on aimerait parfois revoir...
Les omnibus sont des perles rares, c'est-à-dire peu distribuées, et contiennent des petits bijoux visuels. Car même si les travaux ne sont pas tous d'intérêt égal, la qualité technique est bien présente.
Alors on somnole peut-être, mais on loue l'initiative. Certes les fans de SF pourront être déçus, car la pluralité des univers, déroutante, est aussi variable : ambiance victorienne pour l'un, SF fantasy ambiance Sailor Moon² pour l'autre, ou encore contexte médiéval paysan pour un autre.

Le robot n'étant qu'un automate élaboré, le thème n'est pas propre à la science-fiction (Pinnochio pour exemple).
Alors que Robot carnival (le sketch d'intro), Frankenstein's wheel, Tale of two robots et Nightmare se distinguent particulièrement sur l'animation voire sur l'histoire et les idées, que Deprive et Cloud tiennent bon la barre, Presence et Starlight angel font un peu intrus car orientés shōjo³ : romance pour le premier, et magical girl pour le second. Ils ne sont pas inintéressants pour autant, le second proposant d'ailleurs, après le magical sentaï, une nouvelle variante du genre. 

A réserver aux plus curieux, donc.

Opening, réalisé par Atsuko Fukushima et Katsuhiro Ōtomo.
Frankenstein's Wheel, réalisé par Koji Morimoto.
Deprive, réalisé par Hidetoshi Omori.
Presence, réalisé par Yasuomi Umetsu.
Star Light Angel, réalisé par Hiroyuki Kitazume. Inspiré par le clip d’une chanson de A-ha : Take on Me.
Cloud, réalisé par Mao Lamdo.
A Tale of Two Robots - Chapter 3: Foreign Invasion, réalisé par Hiroyuki Kitakubo.
Nightmare (Red Chicken Head Guy), réalisé par Takashi Nakamura.
Ending, réalisé par Atsuko Fukushima et Katsuhiro Ōtomo.
Epilogue


1. Sans dialogue à l'exception de deux courts. A moins de parler plusieurs langues, vous risqueriez de regretter une commande en import.
2. Sailor Moon n'est pas la seule dans son genre : Cutey Honey, Gigi, Sakura... C'est du Magical girl.
3. Pour adolescentes

Animation, anime, science-fiction, anticipation, post-apocalypse, androïde, mécha, critique, analyse

La Tour sombre et les adaptations [Film] 2017

Fantasy, anticipation | USA |

Ciné - Stephen King  et l'Histoire sans fin

Comment expliquer ? Les façons les plus sûres d'être déçu par un film et en l'occurrence une adaptation, c'est soit qu'il soit mal vendu (cf : Supernova), soit finalement, d'avoir déjà lu le livre (ou la BD). Et il a plusieurs fois été prouvé qu'une bonne adaptation est une mauvaise adaptation (et non pas l'inverse), paradoxe inaltérable.

Énumérons :
-Stephen King déçu par l'adaptation de Shining par Kubrick ;
-Dune renié par son réalisateur et par les fans du livre (OK la fin est torchée) ;
-Watchmen trucidé par Alan Moore (alors que franchement, c'est quasiment kif-kif¹) ;
-Blade runner ? Un développement basé sur une nouvelle ;
-Orange mécanique ? Il ne manque que deux passages du livres, mais le propos est transformé ;
-La Planète des singes ? Pas moins de TROIS variations différentes (et intéressantes) autour d'un livre d'à peine deux cents pages...
Donc, il faudrait lire les livre APRÈS.
Ou considérer qu'il s'agit d'une œuvre différente, malgré un certain nombre de traits communs.

La narration cinématographique, dans son format long du moins, est un des médiums les moins libres et des plus exigeants. La forme de narration qui s'est imposée, avec le temps, est le "réalisme", émotionnel, souvent spectaculaire, mais toujours NARRATIF, avec une exposition, un déroulement, une conclusion. On pourra citer des contre-exemples, mais c'est la règle générale.
Le livre, lui, a moins de contrainte : il passe par une narration à la première personne ou la troisième, raconte à rebours, ne raconte rien, philosophe, et fait des parenthèses (de cent pages, parfois). Surtout, il a une liberté de ton. L'analyse demanderait à être développée, une autre fois, mais pour l'instant et plus précisément : un livre n'a pas de contour.
Tandis que le cinéma, en tant que prestidigitateur, donne à montrer ce qu'il veut, le livre donne à penser, sans pour autant avoir à contrôler le regard du lecteur ou sa pensée. Parce qu'il n'y a pas de temporalité, le lecteur est moins téléguidé.
Comme si le film était monologue, et le livre dialogue. Bien sûr, ce n'est pas tout à fait vrai mais je crois qu'il y a une différence de ce type.

La Tour sombre, c'est en quelque sorte le Garage hermétique² de Stephen King. Une œuvre définie par son auteur comme créée en auto-écriture, quasiment, sans objectif prédéfini en tout cas, un cas à part dans sa bibliographie. Une sorte d'oulipo³ à fort ratio mystique, avec des archétypes inspirés du tarot. Du King d'inspiration Jodorowskyenne pour résumer. C'est sûr que les lecteurs ont dû avoir la gorge serrée à la vision du film.
Parce que, que reste-t'il du Grand Œuvre au final ?
Une quête initiatique, portée par un jeune héros en quête de sens. Un ado perturbé par des songes récurrents depuis la mort de son père, des songes interconnectés qui donnent un sens à la réalité et qui remplissent le vide affectif. Seulement, s'agit-il vraiment de rêves ?
Dans cet univers cosmogonique⁴, la Tour est le pilier du monde, et l'Homme en noir règne en maître avec sa horde de démons à masques humains⁵, et grâce au shining de certains enfants, tente de détruire le pilier. Aussi la lignée des pistoleros sont là pour défendre l'équilibre du monde.
Mais le beau-père du jeune homme, lassé par ces divagations, contacte un institut qui voudrait bien le prendre en charge. Mais lorsqu'ils viennent le chercher, ils les reconnaît assez vite comme étant des démons. Parce qu'on voit bien les bords des masques quand on sait où regarder...

Même en le tournicotant dans tous les sens, la Tour sombre n'est pas un film de science-fiction. C'est un film fantastique, comme presque toutes les histoires du King, mais il intègre des éléments de SF qui en transforment le sens.
Il s'inscrit dans deux mondes, et donc à la théorie des deux mondes, à l'instar de Matrix. Mais par sa forme il s'intègre dans la lignée de l'Histoire sans fin ou Stardust le Mystère de l'étoile dans un registre un peu plus badass. Une intrigue résolue assez vite en regard des huit tomes originaux.

Un film bien emballé mais qui manque d'originalité. Une histoire qui fait la part belle à l'imagination, aux enfants mal dans leur peau et aux archétypes de Carl G. Jung⁶.


1. C'est essentiellement un changement de ton et c'est tout le problème.
2.
Le Garage hermétique, une bande-dessinée de science-fiction de Moebius.
3.
Oulipo : OUvroir de LIttérature POtentielle, groupe de littérature innovante représenté entre autres par Raymond Queneau et Georges Perec.
4.
L'univers est redessiné, tel le monde mythologique nordique avec son arbre-monde. Remember L'Histoire sans fin.

5. Un thème cher à Clive Barker.

6. Psychiatre célèbre ayant formulé la théorie des archétypes, semblables aux figures du tarot.

Cinéma, espace-temps, mondes parallèles, anticipation, post-apocalypse, fantasy, critique, analyse, Stephen King, Nikolaj Arcel, Idris Elba

L'Œil du Mal [Film] 2008

Action anticipation | USA |

Ciné - Un film d'anticipation contemporain
Le film commence au Pakistan avec une opération de représailles anti-terroriste, mais l'intelligence artificielle qui assiste l'opération ne confirme l'identité des criminels, via reconnaissance faciale donc, qu'à 51%. De plus ils se sont rendus dans le village pour un enterrement. Un drone bombardier est quand même lancé, une vingtaine de terroristes et une quantité inconnue de civils sont tués.
Ailleurs, Jerry (Shia LaBeouf) assiste à l'enterrement de son frère jumeau. Plus tard, après avoir été livré chez lui en armes et technologies militaires de pointe, une femme l'appelle et lui annonce qu'il a été "activé", que le FBI va arriver et l'arrêter dans les trente secondes, ce qui ne manque pas de se produire. De son côté, Rachel (Michelle Monaghan) reçoit un appel de son fils, mais au bout du fil c'est une femme (la même !) qui lui dit qu'elle a été activée aussi et menace indirectement de faire du mal à son fils. Jerry, plus tard, est en garde à vue, la voix le rappelle et le fait évader grâce à une grue. La voix semble avoir le contrôle des grues, des métros et même des feux tricolores.

Et là on se dit, on pourrait faire des films sur n'importe quoi, avec un traitement grotesque, absurde, ça passe.
Mais le truc à savoir quand même, c'est que le scénario du film a été écrit en 1996, pour être tourné en 2008. L'effet anticipatoire est donc dissout dans un film d'action un peu lambda mais d'actualité : traçage et fichage des individus par des organismes de défense internationaux, avec l'Intelligence artificielle et reconnaissance faciale à disposition. Mais voilà, le propre des machines, c'est de beugger.

Un thriller d'espionnage mené tambour battant, sur un thème similaire à Déjà vu et Source code.

cinéma, science-fiction, anticipation, AI, thriller, critique, analyse, Shia Labeouf, Michelle Monaghan

Terminator [Film] 1984

Action SF | USA |

Ciné - Une guerre à travers le temps : Terminator
2029. Une guerre oppose les humains aux machines intelligentes. La résistance, sur le point de gagner, est menée par John Connor, les machines décident d'envoyer un Terminator en 1984 afin qu'il tue sa mère (c'est pourtant simple). John, de son côté, y envoie un résistant pour la défendre.

Terminator est le second film de James Cameron, après le court Xenogenesis et Piranha 2, et quelques jobs sur d'autres films¹. Autre fait à souligner, Terminator commence dans un magasin de vêtements et finit dans une usine. C'est assez accessoire, OK.

Dès le début c'est le féerique logo d'Orion qui donne le ton. Puis les maquettes, et tous ces effets mécaniques qui nous rappellent pourquoi les années 80 ont produit autant de films cultes².
Évidemment le film a vieilli, mais c'est ce qui fait le charme de ces productions. On peut toujours regretter une tête animatronique et réfléchir à comment obtenir un meilleur effet, mais qu'importe : la créativité est là. C'était d'ailleurs l'atout essentiel d'une histoire en laquelle personne ne croyait³.
Terminator fait partie du renouveau opéré par Kubrick : après le Nouvel Hollywood et sa vague de films d'auteurs brillants mais pessimistes, les nouveaux cinéastes avaient l'avenir du cinéma devant eux et étaient inspirés par le futur.
Les effets spéciaux en latex et animatronique, en plus de la pyrotechnique, étaient en plein boom aussi : tout devenait possible, au cinéma du moins.

 

Point de vue scénario, Terminator n'est pas seulement un film d'action : le scénario tient beaucoup du thriller. Ambiguïté de Kyle Reese, éléments d'intrigues dévoilés au compte-goutte... bien sûr c'était la seule façon de présenter cette histoire de façon réaliste, avec une immersion progressive.
Il y a aussi la "proposition" scientifique : comment un homme du futur peut-il enfanter une femme du passé après avoir été le meilleur copain de son fils ? Ou un truc du genre ? Manquerait plus qu'un fils soit aussi père de son père ! Beurk ! Et bien si Cameron décidait de passer outre ce paradoxe, c'était l'ironie du sort qu'il visait : en tentant d'"annuler" John Connor de manière rétroactive, les machines l'engendrent. Mais donc comment le futur avec John Connor a-t'il pu exister avant que les machines n'envoient le Terminator dans le passé, à moins d'être autonome ? En fait le temps, dans Terminator, est conçu avec une seule continuité, "à plat"⁴ : avant que les machines n'envoient le Terminator, lui et Ryse étaient déjà allés dans le passé. En mettant en scène un paradoxe (bé oui c'est pas un paradoxe pour rien), celui du grand-père⁵, Cameron invite l'ironie du sort et invente la blague cinématographique.
Et c'est justement cette blague qui deviendra la signature de la série (avec d'autres gimmicks plus anecdotiques), ce qui provoquera un joyeux bazar dans le troisième épisode puis le 5.
Le système changera avec Genisys puis Dark Fates. Mais déjà dans Terminator 2, la narration hésitait en soutenant que John a treize ans alors qu'il est censé en avoir 10 (le T-1000 avait d'ailleurs cette même info).

Bref, un film culte roublard mais aussi un classique.


1. Les Mercenaires de l'espace (1980, directeur artistique) ; New York 1997 (1981, effets spéciaux) ; la Galaxie de la terreur (1981, chef décorateur).
2. Il ne s'agit pas de films cultes à proprement parler mais des 80's qui sont cultes, grâce à des films relativement géniaux, en tout cas inventifs.
3. En tout cas pas Schwarzenegger ni Biehn.
4. Il n'y a que trois grandes façons de concevoir le temps dans un "voyage dans le temps" : soit on crée une réalité parallèle à chaque "modification" temporelle, soit on annule la précédente, soit tout est déjà écrit.
5.Un voyageur temporel se projette dans le passé et tue son grand-père avant même que ce dernier ait eu des enfants. De ce fait, il n'a donc jamais pu venir au monde. Mais, dans ce cas, comment a-t-il pu effectuer son voyage et tuer son grand-père ?

Cinéma, action, thriller, science-fiction, Androïdes, IA, critique, analyse, pont d'Einstein-Rosen, James Cameron, Arnold Shwarzenegger, Linda Hamilton

Summer wars [Animation] 2009

Anticipation | Japon |

Animation - Le virtuel est menacé : Summer wars

En guise d'introduction, une  vidéo publicitaire nous présente le monde virtuel d'Oz, dans lequel naviguent des centaines de millions d'internautes. Toutes les entreprises du monde y ont des succursales, on y trouve donc une centrale d'achats et on peut même y effectuer ses formalités administratives... L'histoire se passe en 2010, le film n'appartient pas au genre SF proprement dit mais à l'anticipation.
Le film est réalisé par Mamoru Hosoda (la Traversée du temps, les Enfants loups, le Garçon et la bête...).

A la fin de l'année scolaire, Satsuki invite Kenji (programmeur chez Oz) dans sa famille pour quelques jours durant les vacances d'été. Il découvrira rapidement que la famille se trouve être un ancien clan féodal militaire réputé. Il devra se faire passer pour son petit ami afin d'être présenté à la grand-mère de Satsuki, la doyenne du clan, qui fête ses quatre-vingt dix ans. Alors que Kenji se demande pourquoi il est venu, il reçoit une suite de 2056 chiffres par sms et prend ça pour un problème d'arithmétique qu'il doit résoudre. Mais le lendemain, à cause de lui, Oz est piraté. Toute la vie sociale du Japon étant basée sur le réseau, Kenji va devoir récupérer son compte et surtout rattraper son erreur alors que les préparatifs pour l'anniversaire de la grand-mère continuent.

Summer wars est un film très étrange. Si les enjeux de départ, avec son réseau social mondial, ne sera pas forcément fédérateur¹, la suite qui se déroule en mood "comédie familiale" ou film campagnard à la Jean Renoir, encore moins. Et surtout, les deux sont-ils bien compatibles ? Propices à concilier les publics ? Pourtant c'est son sujet : la modernité face à la tradition. Et c'est en même temps que nous sont livré.e.s une histoire profondément visionnaire et un grand film de cinéma.
Encore une fois, c'est l'humain face à la machine (cf : Roujin Z). Et tout va dans ce sens : pas de sacrifice mais du don de soi, les individualistes reprennent goût à l'effort et à l'esprit d'équipe...
"C'est en protégeant les autres qu'on se protège soi-même" dit un personnage du film, qui en cite un autre.

Ce qui pourrait se matérialiser, dans un autre film, par deux niveaux de lecture, c'est ici deux intrigues imbriquées sur fond d'espionnage : une histoire de famille et une bataille de titans² prennent place.
Une démonstration très puissante.

1. Qui ça intéresse à part les japonais ? Social network a fait un succès maigrichon... Contre-exemple : Ready player One, bien sûr.
2. Deux entités supportées par la masse.

Anticipation, science-fiction, animation, espionnage, IA, critique, analyse, Société, Mamoru Hosoda

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